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Phil

Blog Aïkido

L'Aïkido : une voie, des pistes, un chemin pour chacun...

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Secouez-vous les plumes !

  • 2 days ago
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L'observation de la nature remplace tous les maîtres. A condition d'observer la nature, non seulement avec l'oeil, mais avec le coeur, avec le corps ; avec sensibilité et absorption mimétique.

Le mimétisme est la clé des apprentissages profonds. La compréhension intellectuelle ne suffit pas pour connaître un art et le faire vivre de l'intérieur.

Le sens du rythme, par exemple, ne s'enseigne pas et ne peut s'apprendre : il ne peut qu'être expérimenté dans une co-naissance avec ce qui bat le rythme. A commencer, à l'intérieur de vous-même, par votre propre coeur.

Par mimétisme sensible avec les battements de votre coeur, le rythme va habiter tout votre corps.

Par mimétisme avec les mouvements de la nature et des êtres qui la peuplent, ces mouvements et les qualités de ces êtres vont imprégner votre mémoire profonde et vous faire (re)naître avec eux, vous transmettant de nouvelles capacités d'être et d'agir dans le monde.

Le mouvement des vagues... Le frémissement de la végétation sous le vent... Les gestes souple du chat... Les ondulations du serpent... A l'infini les mouvements de la nature et du vivant ont "inspiré" les hommes, dont certains sont devenus des maîtres.

Avant les maîtres, il n'y avait pas de maître ; il n'y avait que le monde. Et des hommes se sont ouverts mimétiquement aux mouvements du monde, aux flux de la matière et de la vie. Ils ont observé l'étant et son devenir, non seulement avec les yeux de l'intelligence, mais "avec les tripes et le coeur", les sensations, le sensitif, le sensible.

"Secouez-vous les plumes" est un appel a sauter par dessus tout le verbe accumulé à propos de la technique, pour reprendre conctact avec ce que sait faire tout animal. Donc nous aussi, êtres humains que nous sommes !

Pourquoi aurions-nous perdu la sensibilité première dont est capable tout animal, dès sa naissance ?

Pourquoi ne serions-nous plus capables de percevoir et de ressentir le monde naturel comme l'animal que nous sommes toujours ?

Il suffit pourtant d'accepter de lever un peu les voiles qui encombrent la perception. Accepter de laisser les voiles de l'énergie première gonfler notre sensitivité naturelle.

Nous sommes tous des ours. Des ours et des serpents ; des aigles, des mulots, des mouches et des grenouilles ; nous sommes faits d'eau et sensibles aux mouvements de l'eau ; nous sommes de l'air et traversés de courants aériens. Nous sommes modelés par l'air et l'eau ; puis la Terre nous a accueilli. Ne l'oublions pas. Ne l'oublions pas, par le coeur !

Faudrait-il que nous réapprenions par coeur qui nous sommes ? Inutile. Nous le savons depuis notre origine ; nous le sentons au plus profond. Nous avons l'océan en nous ; son équilibre salin et ses mouvements cycliques et spiralés. Le bain amniotique de la matrice femelle, d'où nous sommes issus, est un bio-océan portatif. C'est de l'océan mobile, de l'océan nomade. Ainsi sommes-nous, sur Terre, tous porteurs de notre origine. Notre corps anatomique est une sédimentation des mouvements de l'océan d'où nous avons dénagé sur la terre, pour ramper, puis nous y dresser, libérant la boîte crânienne où l'intelligence cérébrale s'est alors développée.

Mais ne nous réduisions pas à cette intelligence. Elle est trompeuse, parce qu'elle semble pouvoir tout représenter. Or le sensible et le sensitif, si l'on en peut toujours parler - comme ici-même - doit être éprouvé et non seulement représenté. La parole et les symboles nous guident ; ils ne remplacent rien. Ils ne sont légitimes que parce qu'ils sont dépassables, et à dépasser. Sans ce saut dans l'au-delà du verbe, le risque est grand de tourner en rond dans les raisons et les raisonnements ; les échos du verbe sur lui-même, indéfiniment, dans sa plus haute et fallacieuse "intelligence des choses".

Alors, secouons-nous les plumes, comme des canards ! Ce n'est qu'un exemple parmi des milliers d'autres.

Tout le corps frémit d'un bout à l'autre de son axe, et l'eau et éjectée des plumes.

Qui a appris ce mouvement à l'oiseau ? Qui l'a appris au chien qui s'essorre ? Personne, aucun ascendant. Peut-être l'ont-ils appris par mimétisme. Peut-être est-ce dans l'hértage comportemental génétique. Auquel cas, nous le possédons aussi, nous, humains. Et nous possédons toutes les autres capacités d'ajustement physique et énergétique que possèdent les animaux. Y compris les mouvements par lesquels les animaux se protègent et se défendent. Y compris aussi ceux par lesquels ils attaquent. Leur "art martial".

Autrement dit : les techniques martiales transmises dans l'espace humain ne sont rien d'autre qu'une expression culturelle - variable suivant le temps, les lieux et les groupes sociaux - de connaissance corporelles et naturelles profondes. Nous ne les avons jamais apprises ; elles font partie intégrante de notre hardware biologique et sont susceptibles de s'exprimer spontanément à partir de lui. Pourvu que nous n'y fassions pas obstacle.

La question est - au delà de se secouer les plumes comme un canard, métaphore allégorique du geste naturel à retrouver en nous - : "Comment nous placer dans la configuration psychosomatique à partir de laquelle nos capacités naturelles vont pouvoir émerger et se développer ?"

Le travail d'un maître n'est pas de vous apprendre des techniques ; n'importe quel expert le peut. Le travail du maître consiste à vous guider vers l'état psychosomatique et énergétique à partir duquel votre propre nature va rendre sensible les capacités qui, depuis l'origine des temps, sont constitutives de votre biologie, du minéral jusqu'à l'humain, en passant par le végétal et tous les stades de la vie animal, aquatique, aérienne et terrestre.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, votre maître peut être, à la limite, un parfait ignorant. Ignorant intellectuellement et culturellement. Mais ce sera un maître s'il a déjà éveillé en lui tout son héritage de capacités biologiques, en toute conscience et sensation d'habiter cet espace intérieur et de le guider énergétiquement.

L'intelligence humaine, la conscience de l'égo, ce sont les dernières feuilles de l'arbre de la vie.

Si les feuilles se coupent de leur origine vitale, elles se privent de la sève, de la force du tronc et des branches, du réseau nourricier des racines.

Si l'écume croit exister par elle-même à la surface de l'océan... quelle illusion ! Elle n'a aucune autonomie, aucune existence autre que celle, purement conceptuelle, délimitée par le mot humain "écume".

Il en est de même de l'être humain tel qu'il se représente communément (et consensuellement ?). L'intelligence ? C'est un mot par lequel l'homme se plait à désigner quelque chose qu'il s'invente et qu'il autonomise par la puissance magique d'un concept. Une illusion intellectuelle, en somme. Un concept utile, certes, mais fallacieux, parce que sans réalité objective. Et le fait qu'il y ait une "culture" humaine, ou des productions "technologiques" qui seraient les signes et les preuves d'un "progrès"... ne prouve rien quant à l'existence intrinsèque d'une "intelligence" conçue comme une conscience autonome et agissante selon un libre vouloir fondé sur la "Raison".

Dans les stages d'aïkido, reprenons-nous contact avec notre nature profonde ? Avec cette nature enracinée dans la nature ? Le mot "nature" étant lui-même un concept, donc une abstraction, une invention de l'intellect, avec quoi pouvons-nous chercher à entrer en contact ? Avec une sensation profonde, non-verbale. La sensation biologique des origines. L'être-minéral-végétal-animal. L'intersection énergétique commune à tout cela. Et avant ? Avec un potentiel d'énergie qui produirait le monde et le vivant ? Qui sait...

L'ours ne se pose pas de questions. Il vit avec une parfaite économie énergétique. L'ours vit dans l'art et la grâce naturels de l'ours. Dans sa nature d'ours ni plus ni moins. C'est la perfection de l'animal que d'être continuement ajusté à lui-même, sans débordements ni sous-régime existentiels.

Le canard secoue ses plumes sans en avoir le projet intellectuel.

Tout n'est pas déterminé tel quel dans les gènes ; il ne faudrait pas négliger l'apprentissage mimétique dans le monde animal.

Mais l'apprentissage mimétique est possible à partir d'un terrain génétique qui le rend possible. Le mimétique ouvre le potentiel du génétique. Et, dans l'ordre humain, l'intellect ouvre le potentiel du mimétique. Et le spirituel peut être vu comme l'ultime cercle de conscience-énergie auquel nous donnons un nom. Il y a peut-êre d'autres expansions que nous n'avons pas encore nommées...

Vous pourrez donc copier votre maître aussi soigneusement que possible, par mimétisme ; mais tant que ce mimétisme n'aura pas pris racine dans votre propre nature biologique, dans votre propre ressenti psychosomatique et énergétique profond, vous ne serez que dans la manie : la décalcomanie !

En revanche, le jour où vous serez capable de vous "secouer les plumes" par vous-même, à partir de vous-mêmes et pour construire un "vous-même" en perpétuel devenir de conscience-énergie, alors, ce jour-là, vous vous apercevrez que vous auriez tout aussi bien pu suivre un ours que votre maître. Un ours, ou un canard ; ou une branche d'arbre, un roseau ; un tourbillon dans l'eau ; un nuage.

Mais vous serez alors, d'emblée, déjà tout cela.

 

Post a comment Tags: nature, conscience, énergie, maître, naturel, mouvement, origine, mimétisme …

Stages aïkido : 17-18 M-C. Verne ; 24-25 J-C Joannès

  • May 26, 2008
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17-18 mai, Langres, Marie-Christine VERNE (5ème dan)

De l'énergie et du direct. De l'irimi.

Marie-Christine évoque l'idéogramme japonais "naka" à plusieurs reprises. Cet idéogramme se présente ainsi : un rectangle traversé d'un trait vertical central. On trouve notamment cet idéogramme dans le nom de la Chine (prononcé alors "zhong"). Il signifie "milieu", "centre". Marie-Christine s'en sert pour illuster l'axe central du corps.

Tout tourne autour de cet axe. Chaque côté est symétrique et possède la même énergie.

Le rythme fut somme toute assez soutenu, notamment en matière de roulades...

 

24-25 mai, Montier-en-Der, Jean-Claude JOANNES (6ème dan)

Jean-Claude, égale à lui-même, toujours aussi technique et inspiré par Arikawa Senseï, et par son dernier voyage au Japon dans un dôjô de Kyôtô.

* ken / mains nues : nikkyo, sankyo, shio nage, uchi kaiten nage...

* ken / ken : irimi nage, kokyu nage...

Comment retenir des formes aussi techniques ?

Seul Jean-Claude en possède la mémoire, et il nous fera retravailler la prochaine fois !

Le placement des mains, le te katana, la sychronisation spiralée entre toutes les parties du corps, la mobilité des hanches en rotation au bon moment... C'est toujours la même chose, et c'est toujours aussi difficile.

 

Post a comment Tags: ken, axe, langres, marie-christine verne, jean-claude joannès, montier-en-der

Enfin l'association est lancée !

  • May 21, 2008
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C'est une bonne journée, nous sommes contents !

Les statuts de l'association "Aïkido et Aïkitaïso - Club de Troyes" (A.A.C.T.) viennent d'être déposés à la Préfecture de l'Aube.

En attendant la création du site web de l'association, toutes les informations sont disponibles sur mon site aïkido perso à l'adresse : http://aikido.energie.free.fr

Vous y trouverez également le texte des statuts.

Merci à Katell MOULLET, secrétaire, et à Damien LE POËC, trésorier, membres fondateurs.

 

Votre serviteur/président,

Philippe Herr

 

 

Post a comment Tags: club, association, création, troyes, "aïkido et aïkitaïso", "club de troyes"

Le "bon niveau"... ?

  • Mar 25, 2008
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Salut R***,

Ton idée/image du "bon niveau" en aïkido doit sans doute inclure des valeurs comme : dynamisme, énergie, fluidité, ampleur du geste, virtuosité technique, etc.

Je peux t'assurer qu'il n'y a de "bon niveau" que par rapport à soi-même, et pas par rapport à un niveau idéalisé, et surtout pas idéalisé à partir de quelqu'un (même si cela peut-être un puissant moteur d'auto-évolution, par mimétisme ; surtout mimétisme énergétique, plutôt que comportemental).

Il n'est pas certain que le "bon niveau" correspondant à ton corps d'aujourd'hui et à ton esprit actuel soit celui tel qu'il s'exprime sur la vidéo en question. Ils sont plus jeunes que nous, la vidéo me paraît de plus par endroit subtilement accélérée, etc.

Ton "bon niveau" à toi sera peut-être de rester plus immobile (en apparence) et de ne faire que le petit geste juste qui produit l'effet attendu.
L'expressivité n'est pas un critère de justesse martiale.

Ce qu'on voit sur cette première vidéo est un aïkido très dynamique, qui prend beaucoup d'espace, finalement assez lyrique (je pense à de l'opéra lyrique !), très démonstratif pour les besoins de la cause...

Pour moi, si tu sais ouvrir une porte en manipulant la poignée, si tu sais lever un verre jusqu'à tes lèvres ou prendre la visière de la casquette que tu as sur la tête pour saluer quelqu'un, tu sais déjà pratiquer les techniques de base de l'aïkido.
Si tu fais ces gestes avec la plus grande économie mécanique et énergétique et au moment optimal pour ouvrir la porte ou saluer poliment, tu est déjà d'un "bon niveau".
Si tu les fais sans que ça se voit, mais que cela produit quand même l'effet attendu, alors tu es déjà d'un très bon niveau.
Si enfin tu n'as pas besoin de les faire, mais que l'effet attendu se produit, tu es.... un maître.

Post a comment Tags: maître, gestes, bon niveau

Prendre soin du mouvement de l'autre

  • Mar 10, 2008
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C'est en lisant le livre récent du philosophe Bernard Stiegler, Prendre soin - De la jeunesse et des générations (Flammarion, 2008), que cette phrase m'a frappé :

"prendre soin du mouvement".

Je recopie ici le passage :

"Prendre soin, c'est prendre soin d'un équilibre qui est toujours à la limite du déséquilibre, voire "loin de l'équilibre", et c'est tout aussi bien prendre soin d'un déséquilibre toujours à la limite d'un équilibre : c'est prendre soin du mouvement." (page 320)

Les italiques sont de Bernard Stiegler, qui souligne par là que sa formule, "prendre soin du mouvement",  arrive comme la synthèse d'une longue réflexion (le livre n'est d'ailleurs pas toujours facile à lire pour un non philosophe.) Comme l'indique le titre, son thème est "prendre soin". Ce volume est consacré à une réflexion sur "prendre soin de la jeunesse et des générations". Il y est donc beaucoup question de transmission et d'éducation et du sens profond de cette transmission dans un contexte social et historique de "capitalisme pulsionnel" qui lui est peu favorable...

Qu'il s'agisse de guider un être en formation, un être en voie d'éducation, ou de conduire le mouvement physique de quelqu'un, que cette personne soit, ou non, un assaillant, l'idée, ou le principe, sont les mêmes : il s'agit de "prendre soin de l'autre". Du début à la fin. Sachant qu'il n'y a pas de "fin" (et qui sait s'il y a un début ?)

Si l'on admet que ce principe, "prendre soin de l'autre", est fondamental en aïkido (alors qu'il ne l'est pas, fondamentalement, en karaté, par exemple), ceci devrait avoir plusieurs conséquences sur notre pratique :

* ne pas se considérer comme attaqué (a fortiori ne pas se ressentir comme attaqué),

* parvenir à ne pas se sentir en danger,

Ces deux remarques ont à voir avec le degré de contrôle de nos émotions et pointent notre peur de la mort...  "Je" suis attaqué. Mais qui est, à cet instant, ce "je" qui est "attaqué" ? S'il n'y a pas de présence psychique qui se crispe en un "je", l'action consistant à se protéger est déjà plus libre de jaillir (vivacité, précision, ajustement, créativité...)

Quant à la mort... celui qui n'a pas peur de disparaître est plus à même de survivre... Et ne pas avoir peur de la mort, c'est aussi aimer celui qui vient vers vous, quel qu'il soit, et quel que soit son attitude, son apparence, ses paroles, ses gestes et ses intentions (supposées)...

D'autres conséquences de "prendre soin du mouvement de l'autre" :

* "accueillir" (comme une coupe, un vase) plutôt que "pénétrer" (comme un bélier, une lame),

* guider en étant habité physiquement (somatiquement) de l'intention de "prendre soin de l'autre",

Ceci exclut tout mouvement de réponse brusque au(x) mouvement(s) de l'assaillant. Il s'agit pour nous de créer "l'espace de jeu" où il pourra "jouer" son mouvement, lequel mouvement se trouve modelé dans son expression par la forme de l'accueil (ou la forme de la coupe/du vase, ou la configuration spatiale, spatio-temporelle !, de l'espace de jeu qu'on lui accorde).

Dans notre contexte, "coupe" correspond à deux mots de sens opposés (mais complémentaires) : "coupe" (1) comme réceptacle, et "coupe" (2) comme tranchant qui pénètre. Cette dualité me plaît. Je préfère considérer les coupes (2) de l'aïkido comme des coupes (1). Je n'ai jamais aimé les coupes (2). Pourquoi trancher ? Pourquoi trancher, alors que l'on peut accueillir et prendre soin sans cesse ? Un bon vase ne rejette pas les fleurs. Une bonne infirmière vous guidera jusqu'à votre dernier soupir sans vous infliger de piqûre létale... ;-)

Pour finir sur "prendre soin du mouvement de l'autre" :

*  ne pas se préoccuper de la manière dont l'autre tombe ou chute, c'est ne pas prendre soin de lui jusqu'au bout,

* ne pas rester vigilent, non seulement pour se préserver soi-même, mais pour préserver l'autre, parce qu'on en prend soin, une fois que l'attaque et passée et que l'autre est tombé ou a chuté est non seulement une erreur de tactique, mais un défaut moral dans le cadre de l'éthique du "prendre soin".

J'entends, hélas de plus en plus souvent, des professeurs d'aïkido dire que "la chute de l'autre, c'est son problème".  Je déteste cette manière de voir les choses et cette manière de penser tout court (car elle a les idées courtes). Si l'aïkido c'est se préserver soi-même en préservant l'autre, parce qu'on prend soin ET de l'un ET de l'autre DANS LE MEME MOUVEMENT, alors cette manière de voir est inacceptable, et ne convient pas à l'aïkido (du moins tel que je le conçois ; et peut-être que je rêve ; mais alors je préfère mon idéal et mon rêve à ce pseudo-aïkido qui n'est qu'un aïki-jutsu régressif. S'il s'agit d'un "do", c'est bien que ce n'est pas qu'un "jutsu". Et le sens du "do" implique de "prendre soin" du vivant, de A à Z.) 

L'attention consistant à prendre soin de l'autre ne s'arrête pas quand il a chuté, mais elle se prolonge. D'autres attaques peuvent survenir. N'importe quoi peut survenir. Les attaques n'ont pas toujours la forme qu'on leur suppose avant qu'elles ne se manifestent. "Prendre soin de l'autre", c'est aussi le protéger de lui-même et des dangers environnants.

Mais pourquoi protéger un salopard ?

Si vous vous posez cette question, c'est que vous considérez qu'il y a des "salopards", et que, par ailleurs, par voie de conséquence, il y a des gens "biens", en tous cas "meilleurs". Mais êtes-vous bien assurés que les gens que l'on considère comme "biens" ne pourront jamais se comporter, un jour, dans telles ou telles circonstances, comme des salopards ? Et êtes-vous bien assurés que les dits "salopards" sont incapables d'aimer leur famille, d'offrir des cadeaux et des caresses de façons tout à fait généreuse et spontanée ? Il y aurait, dites-vous, de "véritables et irrécupérables salopards", des super-salopards indécrassables que la Terre entière considèrerait comme tels si tout le monde les connaissait (pour ce qu'ils sont, bien entendu)... Demandez-vous aussi si vous ne seriez pas, par hasard, le salopard d'un autre... où si certains ne vous considèrent pas comme "quelqu'un de bien", alors que la plupart, voire vous-mêmes, vous considèrent comme un salopard...

Si vous considérez que l'on peut classer ou catégoriser les gens de manière fixe, alors, cessez de pratiquer l'aïkido. Ou bien investissez-vous plus à fond, ou, surtout, pratiquez autrement. Celui qui vous attaque n'est pas un attaquant-né. Soit il a des raisons de vous attaquer, soit il y a des pulsions - plus ou moins conscientes - qui expliquent son geste. Peu importe, vous n'allez pas chercher à expliquer pourquoi on vous attaque au moment où on vous attaque. Et si vous considérez que vous devez D'ABORD vous défendre... votre "réponse" ne sera pas de l'aïkido. Non. Pour que ce soit de l'aïkido, vous devez prendre en charge la totalité de la situation, c'est-à-dire VOUS AVEC LUI, dans un même mouvement consistant à prendre soin ET de l'un ET de l'autre.

Pour de nombreux psychologues, toute agression est une demande d'amour (plus ou moins consciente) venant de l'agresseur. Une demande d'amour, ou plus simplement une demande de reconnaissance, un "demande d'existence".

Si vous répondez par des techniques intrusives, si vous heurtez l'autre par ces techniques, vous n'avez aucune chance de l'aider à se transformer, aucun chance de l'aider à s'améliorer. Alors qu'en prenant soin de l'autre, outre que vous vous préservez et que vous le préservez, vous lui permettez, par l'expérience même que vous lui faites vivre, de modifier son système perceptif, son système instinctif (cerveau reptilien), son système émotif (cerveau limbique) et sa conscience de lui-même (néo-cortex). Par contagion positive, cela peut encore allez beaucoup plus loin...

Le mouvement d'aïkido, parce qu'il cherche à prendre soin de l'autre, est un acte thérapeutique, on pourrait même dire somato-psychothérapeutique, puisqu'il aide le corps à se préserver tout en aidant la conscience à se modifier, et ce dans le même temps, dans le même mouvement. C'est un mouvement paratonnerre pour le corps comme pour l'esprit ; il décharge la surtension et ramène l'excès d'énergie à la Terre.

Sans la dimension de "prendre soin de l'autre" afin qu'il puisse plus librement devenir ce que son potentiel contient et qu'il peut idéalement déployer dans un futur aussi proche que possible, l'aïkido ne serait pas le "do" auquel, je le crois, maître Ueshiba à rêvé.

 

 

Post a comment Tags: mouvement, aïkido, prendre soin

Tout reprendre à zéro

  • Jan 21, 2008

Compte-rendu des stages de janvier 2008 : le 5 (Millat), le 11 (Lafont) et le 19 (Pigeau)

... et pourquoi finalement tout reprendre à zéro.

 

Le samedi 5 janvier 2008 - Dijon (Chenôve) - Gilbert MILLAT (7ème dan)

Gilbert Millat insiste sur la notion de centrage et la sensation de densificiation volontaire du hara qui l'instaure.

Travail du déséquilibre en se connectant complètement à l'autre.

Il apparaît clairement que la technique articulaire n'est pas le coeur du mouvement. Elle n'est que le moyen qui permet d'établir une connection avec le centre de l'autre. Le lien doit s'établir de centre à centre, et non pas simplement par les membres supérieurs. La technique est l'expression biomécanique d'une sensation de connection qui vient du centre et relie les deux centres.

 

Le vendredi 11 janvier 2008 - Montier en Der - Jean-Pierre LAFONT (5ème dan) - Ecole des cadres (Yudansha)

Exactement le même travail. J'avoue que pas mal de choses m'échappent dans les explications, ou les non explications, de Jean-Pierre Lafont... Il est difficile de traduire en mot une sensation, surtout qu'elle est toujours subjective... Centrage, déséquilibre, extension...

Comment se connecter à l'autre, avant même de faire toute technique ?

Comment ne pas se laisser perturber par son attaque, comment "poursuivre notre propre chemin" tranquillement, tout en l'aspirant à l'intérieur par la force centripète ?

Il me semble bien que tant que nous voudrons "faire quelque chose à l'autre", nous n'arriverons pas à grand chose. Il faut simplement l'aspirer à l'intérieur de soi, dans le vide central (force centripète). Déboucher la bonde qui se trouve au centre du mouvement pour y aspirer l'autre.

Alternance du plein et du vide, mais sans immobiliser aucune étape du mouvement. Par exemple : reculer la jambe quand on coupe avec la main (interne!) pour faire ikkyo après avec été saisi en ushiro waza ryote dori... Cette jambe (interne !) recule momentanément, juste l'instant de créer le vide pour pouvoir couper ; aussitôt elle revient vers uke puisque nous faisons ikkyo (contrôle articulaire du coude). On voit qu'il y a fusion entre vide et plein ; l'alternance des vides et des pleins se fait sans interruption. Il y a fusion de toutes les phases du mouvement. Sinon.... ça ne marche pas : uke peut (ré)agir.

 

Le samedi 19 janvier 2008 - Vitry-le-François - Jean-Pierre PIGEAU (6ème dan)

Exactement la même chose que ce qui précède !

Travail du déséquilibre en connection totale avec l'autre : on prend son bras contre soi et on se colle à lui. On fait une révérence, et l'autre est conduit à rouler naturellement. Même chose vers l'arrière : on se met à genoux, ou bien on roule soi-même, et l'autre est entraîné. Rien de plus évident et de plus naturel ; simplement, il faut être parfaitement en contact avec l'autre. C'est cette sensation qu'il faut avoir dans tous les mouvements, toutes les techniques, sans compenser par la technique (car le travail est alors trop périphérique, articulaire, avec compensation de force, et risque d'entraînement centrifuge.)

Travail très intéressant de guidage paume contre paume : on engage lentement ikkyo ; puis on fait irimi nage, en laissant glisser la main par au-dessus, puis même mouvement en laissant glisser la main par en dessous. On expérimente aussi shi-o-nage à partir de ce simple contact paume contre paume. Ce travail apprend à ne pas agripper, mais à conduire en canalisant suivant des lignes tangentes. Agripper bloque l'énergie et la mécanique articulaire : l'unité du corps est perturbé (- voilà un autre argument contre le travail en go-no-geiko avec des pratiquants non expérimentés).

Selon l'approche pédagogique de Jean-Pierre Pigeau, uke doit accepter le mouvement pour le ressentir. Uke ne doit donc pas se bloquer sur ses positions, ni bloquer tori. Cela n'exclut pas ensuite un travail en go-no-geiko ; mais il faut bien comprendre ce que cela signifie : go-no-geiko ne signifie pas qu'il faut bloquer l'articulation de l'autre, et encore moins l'empêcher de travailler son mouvement par des compensations de forces. En l'occurrence, lors de ce stage (samedi), nous n'avons pas travaillé en go-no-geiko, mais en ju-no-geiko (souple). Uke a accepté ce que lui donne tori ; ce qui permet notamment à uké de travailler son changement de position (tai sabaki) et la rotation des hanches nécessaire à ce changement de position (koshi sabaki). Si uke bloque et n'accueille pas ce que lui donne tori, comment pourrait-il travailler tout cela ?

"Et dans la réalité ?" ai-je posé la question à Jean-Pierre.

Après une brève réponse humoristico-philosophique sous forme de question : "qu'est-ce que la réalité ?" et l'auto-réponse de Jean-Pierre : "C'est ce qui arrive soudain et à quoi on ne s'attend pas...", Jean-Pierre a dit qu'il ne pouvait pas savoir ce qui se passerait dans la réalité. Certes. Je retiens que dans le dojo, c'est l'occasion pour uke (et tori) de travailler la totalité du mouvement. Dans la réalité... eh bien... tori entre dans l'attaque de son assaillant pour s'y connecter et la canaliser.. et advienne que pourra de l'assaillant. S'il maîtrise les ukemi, tant mieux ; sinon... tant pis.

Dernière chose : ne donner aucun information musculaire, articulaire ni même énergétique à uke. Tourner autour de l'endroit saisi comme autour d'un pivot. Pour ce faire, il ne faut pas construire votre position de squelette après avoir été saisi, mais avant ! (C'est biomécaniquement cohérent et optimal ; mais... dans la réalité (j'y reviens), est-ce qu'on a le temps de placer son corps dans la position de squelette idéale pour recevoir ce qui nous tombe dessus ? Si la réalité est "ce qui arrive soudain et à quoi on ne s'attend pas", comme le dit si bien Jean-Pierre, alors... c'est foutu, puisqu'on n'aura pas eu le temps de se placer. Ou alors... faudrait-il être tout le temps placé pour recevoir une attaque ? Toutes les formes d'attaques possibles ? Sans être paranoïaque, bien entendu.

Personnellement, j'ai senti que mon corps n'était pas parfaitement uni. Notamment, il y a des blocages au niveau des hanches. Cela est dû : à l'âge ? ;-) Au stress du boulot ? Aux aïkitaïso insuffisants pour mon propre état corporel ce jour-là ? etc. (De ce point de vue, l'aïkido est bien une voie de développement personnel : il me permet de m'évaluer régulièrement, de jauger mon état somatique et psychique... et de savoir où j'en suis dans ma vie et mon évolution d'humain. Chacun sa jauge ; moi c'est ça.)

J'en tire à présent l'objectif suivant, tout à fait personnel : je décide aujourd'hui de tout reprendre à zéro. (Jean-Pierre m'a confié que c'était ce qu'il avait fait lui-même il y a trois ans et qu'il était sur ce chemin là : tout reprendre.)

Je réapprends à marcher, à mobiliser mes hanches, mon bassin, à bouger dans l'espace...

Je décide de réapprendre l'aïkido en grand débutant.

Cela ne veut pas dire que je n'abandonne quoi que ce soit de l'expérience de mes vingt-cinq années d'aïkido (j'ai commencé en 1982 à l'âge de 17 ans et demi). Mais je dépose tout ça à terre au lieu de le porter... presque comme un fardeau. Autrement dit, je me reconfigure : je garde tous les éléments, avec l'intention de les réorganiser sous la forme d'un nouveau "système d'exploitation" de moi-même (de mon "soma" : corps-esprit).

On sait que le corps renouvèle complètement ses cellules tous les sept ans. Essayons de nous accorder à ce cycle de transformation. Se reconfigurer complètement une fois tous les sept ans, c'est un bon projet. Après vingt-cinq ans d'aïkido, je crois que cela s'impose.

C'est ce que j'attendais depuis longtemps sans le savoir : me libérer de ce que je crois savoir ; me libérer des habitudes et des "grumeaux" somato-psychiques. Retourner à des sensations simples : notamment, redécouvrir la marche ; réexpérimenter, comme un nourrisson, les mouvements des membres, et laisser renaître la coordination. Puis la synchronisation. Avec l'autre. Les autres.

Un nouveau cycle d'expérience s'engage pour les années à venir.

 

Philippe

 

Stage avec Maître Tamura, 4-5 déc. 2007, à Saint-Dizier

  • Dec 11, 2007
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Organisation fluide et détendue. Du monde, mais pas de cohue. Un grand gymnase avec suffisamment de tatami. Simplicité et sobriété.

Samedi matin : stage enseignants.

Samedi après-midi et dimanche matin : stage pour tous.

 

Autant il est possible de faire le compte-rendu d'un stage axé sur les techniques, autant il est délicat voire impossible d'en faire un lorsque l'essentiel du travail est interne.

Tout au plus puis-je essayer de dire ce que j'ai ressenti lorsque Maître Tamura m'a fait travailler.

Celà a eu lieu à deux reprises. La sensation a été identique, et ce quelle que soit la technique.

Ce que j'ai ressenti, venant de lui :

* aucune opposition : une neutralité parfaite.

* cela va de pair avec une présence/absence : Maître Tamura est là, mais il est vide. Je peux rapprocher cette sensation de celle que j'aurais à tenir une branche d'arbre, par exemple : il y a bien une présence, mais personne à l'intérieur. L'ego est mis de côté.

* son mouvement démarre au moment de ma saisie. Et dans ce moment, il démarre en une fraction du temps précise, qui se joue au dixième de seconde (j'essaie de comprendre et de rationnaliser mes sensations).

* il me renvoie ce que je lui donne... ou même plutôt : ce que mon corps lui donne. Il utilise les failles de mon corps (placement) et de mon attention (vigilance).

* ce mouvement s'apparente à une coupe, qui passe sous ma force et revient sur moi, ou même en moi. Son mouvement me traverse et me renverse.

* ma chute me donne l'impression d'avoir rebondi contre quelque chose : par une surface plane verticale, mais plutôt un ballon gonflé.

* je n'ai pas l'impression d'avoir senti deux temps dans son mouvement, un temps d'absorption puis un temps d'entrée irimi. Je n'ai senti qu'un irimi. Le mouvement d'appel ou d'aspiration, s'il existe, n'était pas perceptible.

Voilà ce que je peux en dire.

Lorsqu'il m'a saisi les poignets (ryo te dori), je n'ai pas pu faire le mouvement de tenchi nage. Je m'y suis pris à trois fois.

La dernière, il m'a laissé entrer et... j'ai spontanément placé ma main derrière son dos pour le retenir (comme s'il allait tomber !) C'était pour moi un mouvement naturel de protection de mon uke. Maître Tamura a souri et... m'a tapé sur l'épaule. Ce geste a provoqué en moi, le soir même et le lendemain, des sensations plus proches de visions intérieures que de conjectures. Voilà ce que son geste a signifié en moi ; toutes les significations sont possibles simultanément... et toutes vont avec un trait d'humour :

"C'est pas mal, mais il y a encore du boulot !"

"Toi, t'es grand !"

"Bouge le bas de ton corps en même temps que le haut : travaille la coordination bas/haut."

"C'est gentil de me retenir... mais ne t'inquiète pas pour moi."

"Occupe-toi de ton centrage plutôt que du mouvement"

"Pense à absorber avant d'entrer (yin, puis yang)"

"Tu en es encore au début mais ça va dans le bon sens."

En fait, son geste final, plutôt amical, avec le sourire, a ancré en moi ce qu'il m'avait montré ou plutôt fait sentir les deux minutes précédentes.

Maître Tamura maîtrise la biomécanique du corps de uke, dont il a une perception globale, dans l'instant.

Il maîtrise aussi l'intention de uke, son niveau de vigilance, la nature et la dynamique de son attention.

J'ai senti qu'il me contrôlait en totalité en tant que personne avant même d'engager un quelconque mouvement. Il contrôlait déjà mon attention et ma conscience, de façon plus profonde que je ne le fais moi-même. Il avait plus de prise sur moi que moi-même. On peut dire qu'il était plus en contact authentique avec ma nature que moi-même je ne le puis.

Qui est celui qui vous connaît mieux que vous même ?

 

 

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Stage Aïkido, Michel Bénard - 10 nov. 2007 - Montier en Der

  • Nov 19, 2007
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En résumé :

Une cohérence de forme et de "façon de faire" entre Michel Bénard et Jean-Pierre Lafont.

Les cadres de haut niveau nous transmettent le style minimaliste et pénétrant de Maître Tamura.

Je retiens quelques formes techniques originales (pour moi) :

* kata dori men uchi : tori dévie au niveau du coude le bras qui attaque en shomen et le guide par dessus l'avant bras de uke dont la main a saisi l'épaule de tori. Ensuite il est possible d'engager san-kyo, shi-o-nage, etc. Difficile à faire en suivant ces simples instructions verbales ! Il faut l'avoir vu au moins une fois.

* ken / jo : shomen au ken ; tori ripose par tsuki, sternum ou gorge ; puis tori tire son jo vers l'arrière et en haut ; le jo est maintenant tenu à chaque extemité ; tori inverse la position de son jo et frappe (simule) uke à la tempe ; puis tori plonge sont jo à l'intérieur de la garde de uke en même temps qu'il fait son tenkan ; puis tori remonte la partie du jo qui se trouve dans la garde de uke pour renverser sa position de garde et lui faire tourner les hanches à 180°. Tori peut alors, en poussant sur son jo, faire rouler uke en diagonale.

* jo / jo : tori avance en diagonale et son jo fait la parade diagonale (une main en haut, une main en bas) ; tout en gardant contact avec le jo de uke, il scelle ce contacte avec sa main inférieure, puis ramène la partie haute du jo vers le main inférieur de uke ; les deux jo sont maintenant parallèles l'un et l'autre, et les mains de uke (surtout la gauche) est prise dans un étau. Tori fait irimi/tekan et se trouve en position ude kime nage, pour faire rouler uke.

(cette note sera complétée avant fin novembre) 

Post a comment Tags: ken, jo, bénard, kata dori men uchi

"Acceptez d'être faible pour pouvoir être libre"

  • Oct 30, 2007
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Voilà, je retiendrai cela, qui résume tout : "Il faut accepter d'être faible pour pouvoir être libre."

C'est la dernière chose dite par Jean-Pierre Lafont lors du stage yudansha (école des cadres aïkido) à Montier-en-Der, ce vendredi 26 octobre 2007.

Peut-être ne se souviendra-t-il pas lui-même d'avoir dit cela en manière de conclusion spontanée.

Tant que nous serons dans l'opposition, dans une image classique du "martial", dans la peur, il n'y a aucun espoir de faire quelque chose qui soit de l'aïkido.

Accepter d'être faible, c'est accepter le heurt, et peut-être la mort.

Ne pas intervenir là où se pose le problème, mais, d'abord, acceptez le problème : acceptez la saisie, accueillir l'assaut ; ne pas le fuir ou le contrarier. Construire le canal pour guider cet assaut. Accompagner l'autre dans son désir. Tout cela, nous le savons en tant qu'ancien pratiquant. Ce n'est pas tant dans la technique que réside le problème, mais dans l'état d'esprit, l'état de conscience.

Tant qu'il y aura le moindre réflexe d'opposition, aucune chance que l'aïkido s'exprime.

Peut-être faudrait-il apprendre à recevoir des frappes. Apprendre à contrôler sa peur d'être touché.

Cela se fait dans nombre d'arts martiaux ; en karaté, par exemple. Mais pas en aïkido ; du moins n'est-ce pas un exercice répandu et pratiqué conventionnellement.

On peut regretter que la pratique de la méditation et de tout ce qui peut modifier l'état d'esprit et le niveau de conscience ne soit pas systématiquement pratiqué. Car c'est en cela que s'enracine la justesse et l'équilibre de l'aïkido. Ce n'est pas que dans le centrage physique ; c'est aussi dans le centrage psychique.

Jean-Pierre Lafont parle aussi de "couper avec le sabre intérieur". La position du sabre (présent ou virtuel) dans les mains n'est qu'une étape qui conduit à intégrer cette sensation d'unité par le sabre à tout le corps.

Serait-ce alors la colonne vertébrale qui serait ce sabre intérieur ?

Pas seulement. Ce doit être tout le soma (= le "corps/esprit", unis, non séparés ni distingués).

L'absence d'opposition est au fondement de l'aïkido. C'est pourquoi l'aïkido n'est pas un aïkijutsu ; il est l'étape qui suit l'aïkijutsu ; c'est un au-delà de la technique qui nécessite de maîtriser les techniques.

Utiliser au maximum l'énergie de l'autre, et très peu de la sienne propre. "Laissez faire, laisser passer", comme dit ce dicton (initialement du domaine économique).

Je conclue : plutôt que de se focaliser sur la technique et sur l'attaque de l'autre, se placer dans l'état d'esprit d'accueillir un mouvement qui vient vers nous en le laissant passer, près de nous pour ne pas perdre le contact d'accompagnement que nous devons avoir pour permettre à ce mouvement de s'exprimer, le guidant par des tangeantes.

N'employez qu'un minimum d'énergie musculaire, mais exploiter au maximum la gravité, l'attraction naturelle vers le centre de la Terre.

Descendre avec l'autre, être lourd, "gravide", pour entrainer l'autre dans cette pesanteur, vers le centre de la Terre.

Cela suppose un vaste travail sur soi-même, un travail de dissolution des peurs, d'élagage des l'inessentiel, de misogi...

 

 

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AIKIDO - Calendrier club de Saint-Dizier + Ecole des cadres (Yudansha)

  • Oct 1, 2007
  • Post a comment

 

AIKIDO - Calendrier 2007-2008 - Club de Saint-Dizier (52) et Ligue Champagne-Ardenne.

 

Stages à Saint-Dizier
- 1er et 2 décembre 2007 : Stage fédéral avec Tamura Senseï
- 19 et 20 janvier 2008 : stage privé avec Jean-Pierre Pigeau
- 23 et 24 février 2008 : stage fédéral avec Michel Prouvèze
- 29 et 30 mars 2008 : stage fédéral avec Michel Benard
- 24 et 25 mai 2008 : stage régional avec Jean-Claude Joannes
- 4 - 5 et 6 juillet 2008 : stage ENA avec Jean-Pierre Lafont
 

Dates des prochaines écoles des cadres départementales
Haute-Marne (18h30 à 21h30 au dojo de Montier-en-Der) :
 
- 21 septembre 2007
- 26 octobre 2007
- 16 novembre 2007
- 7 décembre 2007
- 11 janvier 2008
- 1er février 2008
- 7 mars 2008
- 18 avril 2008
- 2 mai 2008
- 6 juin 2008
 
- 4 , 5 et 6 juillet 2008 : stage ENA (lac du Der)
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