Préliminaires
A genoux :
- Expiration à genoux, en extension vers l'avant.
- Mouvements articulaires circulaires.
- Rotations des chevilles, massage des pieds.
- A genoux : travail des poignets, ikkyo, nikkyo, sankyo, kotegaeshi.
- Torsion + relâchement des lombaires, allongé au sol.
Debout :
- Fente avant, stabilité, penché en avant puis en arrière.
- Posture de l'arbre (2 minutes).
- Irimi/tenkan avec le jo pour axe central de rotation.
- Passage du jo derrière et devant soi, tenu par les extrémités.
- Mouvement de "8", le jo tenu d'un main.
Pratique du jo : les techniques de base
On distingue les mouvements de "taille" (=frappe) et les mouvements d'"estoc" (= pique).
Nous avons vu 14 techniques de base :
- Choku tsuki (= estoc direct)
- Kaeshi tsuki (= estoc retournée)
- Ushiro tuski (= estoc arrière)
- Shomen uchi (= frappe frontale)
- Shomen uchikomi (= frappe frontale, pied reculé puis avancé durant la frappe)
- Yokomen uchi (= frappe latérale, en diagonale assez fermée)
- Gyaku yokomen (= frappe latérale, idem, sans changer la position des mains)
- Toma katate uchi, de haut en bas
- Toma katate uchi, de bas en haut
- Position hasso
- Hasso gaeshi
- Hachi no ji
- Gedan gaeshi
- Ushiro barai
Nous avons expérimenté quelques combinaisons de ces techniques de base.
Exercices à deux sur quelques techniques complémentaires.
Transposition des attaques d'estoc, à mains nues
En gardant les sensations induites par les travail du jo, exécuter à mains nues, face à un partenaire :
- Tsuki : niveaux chudan, jodan, gedan
- Shomen uchi
- Yokomen uchi
Techniques à mains nues
Shomen uchi avec tanto (couteau) / kote gaeshi
Puis travail libre (sans tanto), sur attaque ryote dori (saisie des deux poignets) :
- kote gaeshi
- irimi nage
- shiho nage
- kokyu nage
Travailler l'ampleur du mouvement, la fluidité, la liberté et l'élasticité du haut du corps, l'enracinement du bas du corps... et laisser venir une technique.
Fin de la séance.
Commentaires :
Quelques pratiquants confirment l'utilité du travail des armes pour centrer le travail technique à mains nues, utiliser les hanches pour générer le mouvement et propulser l'arme ou les membres supérieurs de manière souple et puissante.
Tous les mouvements doivent venir de la terre... et y retourner.
L'enracinement des pieds et des jambes est ainsi fondamental.
Les hanches peuvent alors tourner, s'ouvrir et se refermer, précisément, avec une bonne puissance de propulsion à partir du seikan tanden (tan tien).
Le tronc et les membres supérieurs doivent être mis en mouvement par cette rotation du koshi (hanches) ; un mouvement qui ne viendrait que du haut du corps ne serait pas réellement efficace (tension musculaire, fatigue, moindre puissance).
Observez les chats (jouant) et les ours (attrapant des saumons), entre autres.
Et pourquoi pas le mouvement de nageoire caudale des carpes koï !
Bon courage :-)
Préliminaires
Aïkitaïso habituels
Etude du jo
Pratique des mouvements de base :
- tsuki
- kaeshi tsuki (= tsuki retourné)
- shomen uchi
- yokomen uchi
- position hasso kamae
- hachi no ji
- toma katate uchi
Etudes à deux, chacun un jo :
- Première étude : L'un en position chudan no kamae, l'autre prépare hachi no ji. Première frappe pour chasser le jo de l'autre ; puis deuxième frappe en avançant pour rechasser son jo qui est revenu de manière "élastique" en position de garde.
- Deuxième étude : L'un attaque jodan tsuki, l'autre recule en se protégeant le crâne, préparant toma katate uchi, puis avance et frappe loin en direction du crâne de l'autre qui recule... et réattaque en chudan tsuki. Réponse de l'autre qui contrôle le jo qui attaque par un léger chasser, puis pique aussitôt en tsuki sur le flan.
Fin de la séance
- Attaque tsuki avec le jo ; réponse en naname (type irimi, en entrant sur le côté).
- A mains nues : attaque chudan tsuki ; réponse en laissant passer et en entrant en irimi, contact avec le poignée ou l'avant-bras de l'autre, de préférence juste avant son coude ; après l'absorption contrôlée, trois possibilité pour finaliser l'irimi :
- tourner les hanches sur place et faire l'imiri
- reculer le pied externe (qui était entré vers l'avant) et faire l'irimi
- ou bien, troisième solution, très puissante, jeter son pied de l'autre côté de l'attaquant (irimi), puis tenkan en finalisant l'irimi.
Il va de soi que les descriptions de mouvements ci-dessous ne peuvent être saisies que par ceux qui ont participé à la séance !
Commentaires et références
Il y a une vingtaine d'années, il n'y avait pas de livre sur le jo de l'aïkido autre que celui de Christian Tissier. C'est donc dans ce livre que j'ai appris les bases. J'ai travaillé régulièrement le jo au dojo (à Strasbourg), avec mon maître, Clément Panza.
Christian TISSIER, Aïkio-jo, techniques de bâton, Sedirep, 1983
Sinon, la référence technique, qui est d'ailleurs aussi la source de M. Tissier, est Maître Saïto, qui présente l'étude du jo dans son DVD :
Aïki jo, par Morihiro SAÏTO, Edition Aïkido Journal, 2003 (60 minutes, 49 Euro)
Préliminaires
Aïkitaïso habituels
Etude
Les 5 premiers principes, debout et à genoux, en un travail plus spontané.
Commentaires : Les séances du 10 et du 17 novembre ont été consacrées essentiellement au cinq premiers principes. Les 5 premiers principes seront revus régulièrement, au moins une fois tous les 15 jours.
Préliminaires
Aïkitaïso habituels
Etude
Les 4 premiers principes, debout (tachiwaza) et à genoux (suwariwaza).
Commentaires
La séance du 10 et celle du 17 novembre sont consacrées à revoir encore les premiers principes techniques de base, dits les "cinq principes" : Ikkyo, nikkyo, sankyo, yonkyo, gokyo.
Préliminaires :
Aïki taïso habituels.
Travail de la sensation centrifuge, puis centripète, sur irimi-tenkan.
Il faut tendre vers le centripète pour éviter que l'énergie ne s'éparpille. Sensation de créer un "vide lourd" à l'intérieur de soi, au niveau du seika tanden (= tan tien inférieur, en arts internes chinois.)
Les trois premiers principes :
Les postures de base et les techniques de base sont essentielles, il convient d'y revenir. La séance précédente était consacrée aux trois premiers principes en omote (=positif). Cette séance-ci les aborde en ura (=négatif) :
Saisi de l'attaque : aihanmi katatedori
Ikkyo (premier principe)
Nikkyo (deuxième principe)
Sankyo (troisième principe)
En tachi-waza (= debout), puis en suwari-waza (= à genoux).
Travail final de synchronisation avec l'autre (timing, mai-ai)
Shomen uchi irimi nage
Se placer à côté de l'autre et envelopper son attaque. Ne pas fuir, ne pas se pencher en arrière, mais avancer dans un irimi direct, juste à côté de l'attaquant, avec l'idée de se placer du côté ura (caché, non visible).
Omote est souvent traduit par "positif", mais signifie plutôt "face", "côté de ce qui est visible".
Ura est souvent traduit par "négatif", mais signifie en fait "pile", "côté de ce qui est caché, non visible".
Paroles :
Paroles attribuées à O Sensei Morihei Ueshiba (trouvées sur http://www.epa-aikido.org/multimedia%20index/diaporama%20osensei.html) :
« Dans la pratique, aussi longtemps qu’il y aura deux mouvements dans son esprit, l’aïkidoka sera en situation d’apprentissage. »
« La technique est un outil pour arriver à l’homme. Sans la technique, on ne peut rien trouver, mais lorsqu’on l’a trouvé, elle n’a plus de sens. »
Compléments :
Extraits de : http://www.epa-aikido.org/aikido2.html
Les principes :
Toutes les techniques de l'aïkido ont pour principe un mouvement en spirale centripète (infundibuliforme) : après avoir gardé une distance de sécurité, puis dévié l'attaque, celui qui exécute la technique est au centre de cette spirale et il amplifie le mouvement de son partenaire pour le contrôler ou le faire chuter.
Les déplacements réduits au strict minimum garantissent la rapidité d'exécution.
Les bases :
Pour garantir les effets énoncés ci-dessus, il faudra mettre en place, quelle que soit la technique un certain nombre de "bases":
- Distance et placement ( dans le temps et dans l'espace), cette notion est commune à tous les arts de combat. (MA-AI)
- Attitude naturelle droite, équilibre, maintien physique et mental (SHISEI / KAMAE)
- Utiliser l'énergie de l'autre, aller dans le même sens, être au bout de la force. (KI NO NAGARE et KI MISUBI)
- Prendre le centre de l'autre et du mouvement . (IRIMI / URA : notions à rapprocher du "yin-yang")
- Pousser, monter, ou couper en utilisant la poussée des hanches, en mettant tous les segments du corps dans le même sens. (IKKYO UNDO)
- "Respiration", seule une respiration, souple, ample, libre et continue peut permettre une bonne coordination des mouvements et une bonne circulation énergétique. (KOKYU)
- Déplacement, mouvoir son corps librement. (TAI SABAKI)
- Nouer, délier : se libérer d'une saisie. (TE ODOKI)
- Pouvoir porter une frappe précise dirigée sur un point vital de l'organisme pendant toute la réalisation de la technique. (ATEMI)
Préliminaires
-
Aïtaïso classique
-
Irimi / tenkan : léger, mobile ; d'abord ne pas s'occuper des bras, les laisser s'enrouler autour du corps. Puis déployer la posture de garde (kamae) souple, médiane (chudan), avec les bras et les mains. Pour les plus anciens, avant de tenkan, "voir" par anticipation le côté vers lequel on va se tourner. Le regard mental précède le mouvement.
-
Irimi / tenkan en montant un sabre virtuel à deux mains. Seul, puis à deux, face à face. Même exercice les yeux fermés. Objectif : rester en équilibre et avoir confiance en l'autre (collision toujours possible quand on a les yeux fermés!)
Les fondamentaux
Révisions élémentaires des trois premiers principes, ikkyo, nikkyo, sankyo, en haianmi katatedori
On les travaille en amplifiant les mouvements circulaires des bras et les déplacements des pieds et jambes.
On ouvre un angle externe de 45° (on "ouvre une porte"), puis on avant sur l'autre après avoir réorienté les hanches ; on entre en ikkyo (dans la porte précédement ouvert). Même entrée pour les deux principes suivants. Objectif : parvenir à prendre le centre de l'autre dès le départ ; ne pas entrer sur lui sans avoir ouvert un espace par lequel il est possible d'entrer.
Après avoir travaillé assez longtemps les 3 premiers principes en omote seulement (positif), on passe à :
-
Irimi nage, en haianmi katatedori avec une grande entrée en spirale.
-
Irimi nage en laissant passer : on s'esquive en avançant la jambe arrière à côté de l'autre, et on met son bras en "barrage" au niveau de la tête. Idéalement, si votre corps est bien placé dans l'espace, si votre squelette à la bonne posture, l'assaillant se fait lui-même le mouvement.
Complément de réflexion sur la pratique :
« L'Aïkido est un Art Martial japonais basé sur des mouvements circulaires destinés à projeter et à contrôler l'agresseur sans dommage. A partir d'une attaque simulée, l'Aïkido banalise l'agression et conduit le pratiquant vers une réponse adaptée : ne pas fuir, faire face à l'agresseur avant de se déplacer et d'esquiver. Les techniques d'Aïkido s'appuient sur la souplesse et l'utilisation de l'énergie de l'agresseur plutôt que sur la force physique. Les pratiquants développent un puissant système de self-défense intimement lié à un ensemble de principes et d'attitudes visant à résoudre les conflits de manière calme et mesurée. »
(Manuel du Pratiquant, F.F.A.B., Aïkikaï de France, 2003)
Stage de chi-kung et autres exercices d’énergie et d’équilibre
Thèmes : Conduite de l’énergie interne, travail de l’équilibre et de l’enracinement, développement de la confiance et du relâchement.
Vous trouverez des photos des mouvements et postures réalisés par Pierre Herr sur :
Exercices que nous avons pratiqués le matin
Ouverture de l’articulation du bassin (1ère variante) : pieds parallèles dans l’écartement des épaules, on tourne les hanches, on laisse les bras s’enrouler à gauche et à droite. La conscience (l’intention) est dans le dan tien (jap. : tanden), c’est-à-dire dans le centre de gravité (3 doigts sous le nombril et 3 doigts à l’intérieur).
Réveil du corps ( = « harmoniser l’énergie de la Terre et du Ciel »), à faire plutôt le matin : Orienté vers l’Est. Sur l’inspir : les bras se lèvent au-dessus de la tête, paumes vers l’avant. Sur l’expir, les bras s’abaissent et passent derrière pendant que les talons se lèvent, puis se rabaissent tandis que les mains reviennent le long du corps. On recommence sans rupture.
Respiration bouddhiste et respiration taoïste : Poser les mains sur le ventre. En respiration bouddhiste, le ventre se gonfle à l’inspir et se creuse à l’expir. En respiration taoïste, le ventre se creuse à l’inspir et se gonfle à l’expir. Ensuite, combiner ces deux respirations : sur l’inspir, le ventre se gonfle (bouddhiste) et à mi-parcours de l’inspir il se creuse (taoïste) ; sur l’expir, le ventre se gonfle et à mi-parcours de l’expir il se creuse. Chercher la continuité souple sans rupture dans le cycle respiratoire.
Transfert du poids d’une jambe sur l’autre, jusqu’à arriver à la position accroupie sur une jambe et extension de l’autre jambe. Cela se fait par étape, en élargissant l’écart des pieds d’un pas à chaque fois, puis on descend sur une jambe en pliant le genoux, et on étend l’autre. On cherche à conserver au sol le talon de la jambe pliée.
Tui shou (1ère approche) : Deux partenaires se font face, en position « arc et flèche » (une jambe avancée, genoux un peu fléchi, l’autre jambe étendue mais pas raide à l’arrière. Les pieds sont sur deux lignes ou « rails » parallèles.). Tous les deux ont la même jambe en avant. Les pieds des deux personnes sont côte à côte, leur face interne se regardent à distance d’un pas. L’un guide en passant son poids vers l’avant du corps, puis vers l’arrière, doucement. L’autre doit suivre au même rythme en reculant parce qu’il ressent la chaleur de l’autre et en gardant la distance initiale. C’est un exercice de ressenti. Si les informations visuelles sont nécessaires au départ, elles doivent se réduire peu à peu. Idéalement, il faudrait parvenir à ce que celui qui ressent fasse l’exercice les yeux fermés, en bougeant par rapport à l’autre uniquement en fonction du ressenti (par écoute intérieure globale).
« Danse » avec les mains collantes : Exercice assez facile et ludique. L’un pose ses doigts sur le poignets de l’autre (le contact de la pulpe des doigts sur les poils peut suffire, car le contact doit être et rester très léger). L’un des deux guide la danse en bougeant doucement son bras et son corps. L’autre fermera les yeux pour mieux ressentir le simple contact tactile (et non pas suivre de manière visuelle). Les mouvements doivent rester lents, souples, mais peuvent aller dans toutes les directions.
Tui shou (2ème approche : « être à l’écoute de l’autre ») : A deux, position « arc et flèche ». Poser la pulpe des doigts sur le poignet de l’autre. L’un pousse doucement droit devant, vers le sternum de l’autre, qui accepte cette poussée ; puis il rend cette poussée aussi doucement. Le travail des pieds : pieds « arc et flèche » sur deux lignes au sol ; transfert du corps sur la jambe arrière, la pointe du pied avant se relève ; lors du transfert du poids vers l’avant, rester ancré sur la jambe arrière ; sentir l’enracinement et le poids au milieu 50/50) ; le corps est bien droit. Le travail des mains : les mains restent collées sans aucune force ni de puissance dégagée ; il faut chercher à être à l’écoute de l’autre par les mains.
Ba dua jin (Les 8 mouvements de santé ou « les huit pièces de brocart ») : Ces 8 mouvements connaissent des variantes suivant les écoles et les courants de pratiques. Vous les trouverez présentés dans de nombreux livres consacrés au chi-kung et au taï-chi-chuan, par exemple dans l’ouvrage Taï-chi-chuan de Roland Habersetzer (entre autres 8ème dan de karaté), Editions Amphora. (Profitons-en aussi pour rappeler son ouvrage Chi-kung aux mêmes éditions). Dans un ordre parfois variable ces exercices sont, en abrégé :
1) Lever les mains devant sa poitrine doigts en vis-à-vis comme pour prendre un ballon. Les mains tournent et montent au dessus de la tête, puis se séparent de chaque côté du corps.
2) Tirer à l’arc. En position du cavalier, monter les poings l’un contre l’autre devant la poitrine. Tendre l’arc et ouvrir la fourche index + annulaire vers la gauche. Le regard passe dans la fourche, regard au loin sur l’extension, puis revient dans la fourche. Le poing gauche revient au centre. Même chose à droite.
3) Séparer le Ciel et la Terre (tout en s’y connectant. Ce mouvement rappellera ten-chi aux aïkidoka (ten voulant dire Ciel, et chi voulant dire Terre). Mouvements circulaires vers soi devant sa poitrine pour préparer la montée d’un main et la descente de l’autre. Lorsque la main qui est en haut redescend, celle qui était en bas se tournent doucement en même temps pour que les mains se rejoignent en même temps paumes vers le haut devant le centre.
4) Lever les mains et les abaisser en tournant la tête à gauche, remonter les mains puis les abaisser en ramenant la tête au centre ; même chose de l’autre côté pour la tête.
5) Lever les bras et attraper ses chevilles, masser le contour du pied et remonter vers l’avant le long des jambes en passant par le plis de l’aine.
6) Dans la position du cavalier, mains sur le bas des cuisses, pouce vers l’extérieur, regarder vers l’arrière en haut, puis ramener la tête au centre, faire pareil de l’autre côté, puis balancer les bras vers l’avant entre les jambes sur l’expir après avoir pris une inspiration bras écartés.
7) Debout, envoyer le poing droit vers la diagonale droite, puis le poing gauche vers la diagonale gauche.
8) Poids du corps vers l’avant sur le bol du pied, les talons se lèvent, comme si on était tiré par un fil (de soie ou d’or…) par le sommet de la tête ; « couper » le fil de soie… le corps retombe sur les talons, bien vertical.
Se relier à la Terre, s’ancrer dans le sol : A deux, position « arc et flèche », face à face. L’un pousse vers le sternum de l’autre qui ne cherche d’abord pas à s’ancrer dans le sol. Il éprouve son propre déséquilibre. Puis il cherche à s’ancrer dans le sol, pied et cheville arrière enfoncés comme dans du sable (ou bien effet « bottes de pêcheur » pris dans la vase). C’est un sensation de pesanteur interne qu’il faut développer pour parvenir à fixer ce pied arrière dans le sol. On éprouve notre stabilité ; il y a peu ou pas de déséquilibre lorsque l’autre pousse doucement mais à chaque fois plus loin. Trois variantes : la poussée peut s’effecteur horizontalement, ou vers le haut, ou bien encore vers le bas, la main étant toujours appliquée sur le sternum.
Replacer l’énergie dans le dan tien ou la Renvoyer à la Terre : Replacer l’énergie dans le dan tien (jap. : tanden) permet de stocker dans votre centre vital inférieur l’énergie accumulée lors des exercices précédents. Pour cela, embrasser l’énergie et placer le centre de votre paume gauche à l’endroit du dan tien, puis le centre de votre paume droite au centre du dos de votre main gauche (ceci si vous êtes un homme, l’inverse si vous êtes une femme, mais si vous vous trompez aucune catastrophe ne s’abattra sur vous !) Renvoyer l’énergie à la Terre : ceci permet de chasser le trop plein d’énergie, notamment si elle s’est accumulée à là tête. Inspirez doucement en ramenant les mains, doigts en extension au dessus de votre tête, paumes vers le bas, puis expirer doucement pour faire descendre l’énergie à l’intérieur de vous jusqu’au sol en descendant les mains doucement. Vous passez doucement devant vos centres vitaux jusqu’au dan tien inférieur, à ce moment l’énergie passe par les pieds et s’éparpille dans le sol. Ces deux exercices sont à pratiquer selon la nécessité du moment : soit pour récupérer de la bonne énergie dans votre centre vital principal (dan tien = tanden = centre de gravité physique et vital), ou bien, s’il y a de la mauvaise énergie ou un trop plein en un certain endroit (souvent la tête) faire disparaître celle-ci en l’évacuant par le bas (un peu selon le principe d’un paratonnerre qui éparpille l’énergie dans le sol).
Exercices que nous avons pratiqués l’après-midi
Ouverture de l’articulation du bassin (variante ample) : Rotations du bassin. En balançant les mains de chaque côté, une main monte paume vers le haut, l’autre main va un peu derrière le corps, paume vers l’arrière. Recherche un mouvement de balancier souple ; ceci n’est possible que si les hanches participent. Variante encore plus ample : le talon arrière se lève lors de la rotation, et se tourne un peu suivant le mouvement.
Reprise des 8 mouvements du Ba dua jin : développement des 8 mouvements ("8 pièces de brocart").
Tui shou (3ème approche) : Cet exercice de tui shou qui développe les précédents n’a pu être abordé durant le stage. Il consiste à absorber circulairement, par rotation du buste et du bassin, la poussée de l’autre, et à la lui renvoyer. Ceci se fait d’abord doucement, et peut se pratiquer ensuite avec des changements de rythmes dans les poussées.
Relâchement du bassin : A deux. L’un se met en position « arc et flèche » et doit se laisser faire ; l’autre se place derrière, main sur les hanches de celui à qui il va faire faire les mouvements de hanches. D’abord, mouvement lent gauche/droite, puis en changeant le rythme et l’amplitude. Ensuite, mouvements avant/arrière, lentement, puis en changeant le rythme et l’amplitude. Enfin, combinaisons libres gauche/droite/avant/arrière.
Relâchement des bras : A trois. Deux personnes prennent en charge les articulations du coude et du poignet de la personne au centre. L’un s’occupe du bras gauche, l’autre du bras droit. Ils manipulent lentement les bras dans tous les sens articulaires naturels. La personne au centre a les yeux fermées. Elle reste stable sur sa position de pieds, mais abandonne ses bras aux mouvements qu’on lui fait faire.
Posture de l’arbre (zhan zhuang = jap. « ritsu zen » = zen debout) : On la pratique sur les trois positions de base : en haut (dan tien supérieur = « chakra » du front), au milieu (dan tien médian = « chakra » du sternum), en bas (dan tien inférieur = « chakra » du ventre). La littérature est abondante sur cette posture fondamentale dans les arts martiaux notamment dans les pratiques « internes ». Il s’agit bel et bien de l’équivalent debout de la posture zen qui se pratique assis depuis plus de deux mille ans (Jap. « zazen » = zen assis). Le zhan zhuang est donc une innovation, introduite par Maître Wang Xiang Zhai au XIXème siècle, en tant qu’héritier d’une tradition plurimillénaire. Un livre particulièrement détaillé (mais pas facile) sur la question, est : I-Chuan : les bases scientifiques de la posture de l’arbre, de Yu Yong Nian, Editions Charles Antoni - L’Originel, collection sagesses du corps, 1999. On trouvera aussi une présentation claire et simple dans le livre de Roland Habersetzer, Chi-kung, déjà cité ci-dessus.
Tui shou (4ème approche) : non présenté durant le stage. Il s’agit du tui shou avec les deux mains, l’une au poignet, l’autre au coude.
Abandon/relâchement allongé : A 6 personnes. Une allongée, cinq autour, une à chaque membre, une à la tête avec une serviette pour faire rouler la tête de gauche à droite lentement. Les quatre autres manipulent lentement jambes et bras dans toutes les directions naturelles des articulations. A faire 5 minutes minimum, 10 ou 15 minutes maxi pour un effet de déconnection absolu du mental et d’abandon relaxant total.
Abandon/relâchement vertical : A trois. Un devant, un derrière la personne debout au centre. Celle-ci ferme les yeux et se laisse tomber en avant, accueilli dès le départ par les paumes de deux mains posées sur le devant de ses épaules. Puis elle est poussée lentement vers l’arrière, et accueilli par l’autre qui pose ses deux paumes derrière les épaules. Mouvement de bascule répété, en descendant chaque fois un peu plus, mais sans que la personne ne décolle les pieds du sol.
Massage du corps : A deux. Non pratiqué durant le stage. Massage du dos de l’autre par petites percussions des poings et du plat de la main, de haut en bas.
Fin du stage
Cette séance reprend les éléments du stage de Jean-Pierre Lafont qui a eu lieu à Saint-Dizier le dimanche 9 octobre 2005.
Les coupes au sabre en conservant les bras en extension.
Travail au ken à deux.
La mobilité dans l'irimi / taï-no-henka : pas d'enracinement définitif sauf au tout dernier moment ; mobilité de la jambe qui se meut.
Voir le compte-rendu de ce stage dans ce même blog.
La richesse de ce stage n'en rend pas le compte-rendu aisé.
Quel est le thème central qui se dégage d'un tel stage ?
Peut-être le sens du relachement, la sensation d'un abandon efficace. La non-résistance. Autant dire l'aïkido lui-même.
Matin
- Coupes au sabre, en shomen, en levant les bras devant, en extension, sans jamais plier le coude, et en ouvrant la main pour libérer le ken, qui est ensuite récupéré pour la coupe. Très difficile, très exigeant pour les épaules. Le mouvement ken/bras, est complémentaire : alors qu'on monte les bras devant soi, les coudes vers l'intérieur, parfaitement centré, il faut relacher les doigts (ouvrir les mains) pour libérer le ken qui lui descend. La coupe est plus facile que la montée des bras devant soi en extension.
- A deux : exercice de ken. Les ken sont en contact magnétique. Shite pèse de son ken sur celui de Aïté en avançant d'un demi-pas (idée de tsuki?). Aïté entre alors du pied droit, vers la gauche, dans un angle obtu qui, idéalement, n'occupe pas plus de l'espace de la largeur d'un ken (donc très proche du ken de Shite. Comme c'est difficile, on accepte pour commencer un angle un peu moins fermé.) Aïté laisse "tomber" son ken par ouverture des doigts ; il monte ses bras en extension (non raide), épaules basses. Puis il coupe en yokomen ou kesagiri sur Shite.
- Même exercice, mais cette fois, Shite répond, au moment où Aïté l'attaque en shomen, par une coupe retournée de bas en haut au niveau de l'avant-bras de Aïté (Gyaku kesa giri ? En tous cas, la zone à "couper" se situe visiblement entre l'aisselle et le poignet de Shite). L'attaque de Aïté est ainsi "suspendue" une fraction de seconde. Lorsqu'aïté abat son sabre, Shite tranche alors en kesagiri, avec le poids du sabre (les hanches descendent : tout le corps coupe).
Les hanches et le centre descendent toujours pour entraîner le reste, c'est-à-dire le haut du corps, qui bénéfice, en impulsion est en puissance, de cette aspiration vers la bas, de cette pesanteur qui semble n'être rendue possible que par un abandon et un contrôle du centre simultanés.
Après-midi
Travail à mains nues, en gardant le bénéfice du sens du relachement, de la non-résistance et du centrage expérimenté le matin avec le ken.
- A deux : saisie katate dori, entrée irimi tai-no-henka. Il s'agit ici de travailler le transfert du poids du corps d'une jambe sur l'autre. La jambe qui fait l'irimi est légère et se pose délicatement de manière à pouvoir être retirée jusqu'au dernier si nécessaire et s'il faut changer de direction. C'est la jambe arrière, celle qui porte le kokyu, qui descend (le genoux se plie un peu) pour poser la jambe avant (exactement comme dans le taï-chi-chuan). Dès que la jambe avant est posée - le pied ayant déjà pivoté pour préparer la rotation tai-no-henka - l'autre jambe, qui est maintenant la jambe avant, s'allège (de manière à être elle aussi maintenant mobile s'il s'agit de changer de direction pour un nouvel irimi). C'est la jambe arrière qui, là encore, "pose" le pied avant avec légèreté. Le principe technique est qu'à aucun moment il ne faut poser trop fermement ni définitivement un appui... que l'autre pourrait exploiter pour s'en servir. Idéalement, il semble qu'il faille toujours le laisser l'autre dans la suspension d'un vide, ce qui n'est possible que si on ne lui fournit pas la sensation d'un appui (principe de non-résistance, et, en chinois, de "wu wei" dans toute sa splendeur). Finalement, la sensation globale pour celui qui fait le irimi-tai-no-henka est plutôt une sensation aérienne de mobilité rotative qu'une sensation d'enracinement qui risquerait de durer une fraction de seconde de trop... fraction durant laquelle l'autre peut exploiter l'appui. Idéalement : ne donnez aucune information à l'autre sur votre position. Encore une chose : le mental ne doit pas rester bloqué sur la partie du corps qui se pose... mais aussitôt investir la partie du corps qui est mobile, pour la "jeter" vers l'extérieur par la rotation sur le pied axial, ce qui crée une impulsion faisant contrepoids. L'énergie de cette impulsion et de ce contrepoids est récupéré de manière centripète dans votre hara pour renforcer votre centre. Ainsi, le centre de l'autre est "pris", tandis que dans le même temps le vôtre est renforcé. On peut alors guider l'autre sans difficulté. On pourra trouver des images de ce transfert de poids d'une jambe sur l'autre dans la présentation pédagogique de Koichi Tohei sur son document vidéo intitulé AÏKIDO AUTHENTIQUE, Kochi TOHEI, 9ème dan, Editions Budostore, collection Mémoire des Arts martiaux, l'Age d'or de l'Aïkido, 46 minutes, 30 Euro (K7 vidéo PAL, disponible). Il ne s'agit pas d'exécuter ce mouvement de rotation en levant autant les pieds, car c'est une manière pour Koichi Tohei (et samedi pour Jean-Pierre Lafont) d'amplifier visuellement ce qu'il convient de ressentir en soi-même dans les déplacements. Légèreté, mobilité, enracinement momentané mais aussitôt remobilisé si nécessaire. Les "pesées" finales arrivent par descente du centre et du hara pour finir d'accompagner au sol le déséquilibre de Nage. Remarque : le déséquilibre doit être réalisé dès le début du mouvement ; la prise du centre doit être la plus précoce possible ; le reste du mouvement n'est que guidage une fois que le centre est pris. Sans cette "capture" du centre de l'autre, le mouvement n'a aucun sens, et peu voire pas d'efficacité.
- A deux, jo dori : saisi du jo, puis shi-o-nage. La technique elle-même est moins importante que le travail du relachement. Ce dernier permet d'être suffisamment sensible pour aspirer le jo vers le bas, dans une légère diagonale, avant d'entrer l'irimi permettant la première phase du shi-o-nage proprement dit.
Préliminaires
- Simplement se tenir debout : sensation du passage du poids du corps vers l'avant, l'arrière, les côtés, lentement.
- Posture de l'arbre.
- Exercice de la marche "lourde", pour expérimenter le déséquilibre vers l'avant, récupéré aussitôt pour se propulser, se redresser, avancer...
- Saisie ferme ryote dori : celui qui est saisi se relache, libère les articulations des poignets, des coudes, des épaules, grâce au poids des bras et à la force centripète.
- On transforme ce travail de manière à absorber l'autre dans son centre, à le déséquilibrer ; on entre alors en kokyu nage construit sur la base d'un tenchi nage. Le déséquilibre se crée dès l'absorption, et s'amplifie dans l'entrée kokyu. Donc, phase 1 : yin ; phase 2 : yang. Avec fusion continue de l'une dans l'autre.
Hanmi handachi waza
- Sur ryote dori : kokyu nage, shi-o-nage, kote gaeshi, irimi nage
- Sur shomenuchi : irimi nage
Sensation à travailler : poids des membres supérieurs, attraction terrestre, force centripète. Images à intérioriser : l'entonnoir dans lequel tout coule jusqu'au point central. Ceci plus pour le haut du corps, jusqu'au seika tanden. Pour le bas du corps, sensation d'une dalle de plomb qui descend dans un bain d'huile.
Ces images permettent d'intérioriser concrètement (=proprioception) les sensations à développer pour éprouver la force centripète et l'absorption de l'autre dans son centre.
Travail jo / ken
- Shomen au ken. Réponse jodan tsuki inversé, suivi aussitôt d'une entrée à l'intérieur des mains de uke, par déplacement du corps irimi-tenkan, puis projection. Uke ne lache pas le ken, il le garde dans la main droite.
- Shomen au ken. Réponse kote uchi (frappe au poignet) une fois en sortant à droite, une fois à gauche.
Conclusion : Toutes les techniques ont une même fondation : absorber l'autre dans son propre centre par la mise en oeuvre du centripète. Le déséquilibre se crée déjà à ce moment d'absorption central. Sans ce déséquilibre, sans cette capture du centre de l'autre, la technique elle-même ne donne rien, elle est plaquée, sans dynamisme intérieur.
D'où l'importance, derrière les techniques et pour les fonder, de travailler l'enracinement, la pesanteur, la sensation d'attraction terrestre (par l'exercice de la marche "lourde", par exemple, tout simplement), le relachement (qui seul permet de ressentir la pesanteur), et l'énergie centripète (par rapport à la centrifuge, moins employée, ou alors en toute fin de technique, et encore, ce n'est pas absolument nécessaire... tout dépend si on veut "envoyer" uke quelque part. Il suffirait en effet de le laisser à proprement parler "s'effondrer" devant soi).
Tout ceci peut être travaillé en étant parfaitement immobile ; notamment par la posture de l'arbre. Cette dernière peut être travaillée debout, assis ou couché. En fait, n'importe quelle situation posturale de la vie courante (pour peu qu'elle ne soit pas déséquilibré mais assez symétrique) peut être un vecteur d'expérience de la pesanteur, de l'unité du centre... Sentez vos organes, vos muscles, vos eau, et tous vos liquides internes descendre vers le bas ! C'est ce qu'ils font naturellement, mais le ressentir totalement, c'est moins courant.