Organisation fluide et détendue. Du monde, mais pas de cohue. Un grand gymnase avec suffisamment de tatami. Simplicité et sobriété.
Samedi matin : stage enseignants.
Samedi après-midi et dimanche matin : stage pour tous.
Autant il est possible de faire le compte-rendu d'un stage axé sur les techniques, autant il est délicat voire impossible d'en faire un lorsque l'essentiel du travail est interne.
Tout au plus puis-je essayer de dire ce que j'ai ressenti lorsque Maître Tamura m'a fait travailler.
Celà a eu lieu à deux reprises. La sensation a été identique, et ce quelle que soit la technique.
Ce que j'ai ressenti, venant de lui :
* aucune opposition : une neutralité parfaite.
* cela va de pair avec une présence/absence : Maître Tamura est là, mais il est vide. Je peux rapprocher cette sensation de celle que j'aurais à tenir une branche d'arbre, par exemple : il y a bien une présence, mais personne à l'intérieur. L'ego est mis de côté.
* son mouvement démarre au moment de ma saisie. Et dans ce moment, il démarre en une fraction du temps précise, qui se joue au dixième de seconde (j'essaie de comprendre et de rationnaliser mes sensations).
* il me renvoie ce que je lui donne... ou même plutôt : ce que mon corps lui donne. Il utilise les failles de mon corps (placement) et de mon attention (vigilance).
* ce mouvement s'apparente à une coupe, qui passe sous ma force et revient sur moi, ou même en moi. Son mouvement me traverse et me renverse.
* ma chute me donne l'impression d'avoir rebondi contre quelque chose : par une surface plane verticale, mais plutôt un ballon gonflé.
* je n'ai pas l'impression d'avoir senti deux temps dans son mouvement, un temps d'absorption puis un temps d'entrée irimi. Je n'ai senti qu'un irimi. Le mouvement d'appel ou d'aspiration, s'il existe, n'était pas perceptible.
Voilà ce que je peux en dire.
Lorsqu'il m'a saisi les poignets (ryo te dori), je n'ai pas pu faire le mouvement de tenchi nage. Je m'y suis pris à trois fois.
La dernière, il m'a laissé entrer et... j'ai spontanément placé ma main derrière son dos pour le retenir (comme s'il allait tomber !) C'était pour moi un mouvement naturel de protection de mon uke. Maître Tamura a souri et... m'a tapé sur l'épaule. Ce geste a provoqué en moi, le soir même et le lendemain, des sensations plus proches de visions intérieures que de conjectures. Voilà ce que son geste a signifié en moi ; toutes les significations sont possibles simultanément... et toutes vont avec un trait d'humour :
"C'est pas mal, mais il y a encore du boulot !"
"Toi, t'es grand !"
"Bouge le bas de ton corps en même temps que le haut : travaille la coordination bas/haut."
"C'est gentil de me retenir... mais ne t'inquiète pas pour moi."
"Occupe-toi de ton centrage plutôt que du mouvement"
"Pense à absorber avant d'entrer (yin, puis yang)"
"Tu en es encore au début mais ça va dans le bon sens."
En fait, son geste final, plutôt amical, avec le sourire, a ancré en moi ce qu'il m'avait montré ou plutôt fait sentir les deux minutes précédentes.
Maître Tamura maîtrise la biomécanique du corps de uke, dont il a une perception globale, dans l'instant.
Il maîtrise aussi l'intention de uke, son niveau de vigilance, la nature et la dynamique de son attention.
J'ai senti qu'il me contrôlait en totalité en tant que personne avant même d'engager un quelconque mouvement. Il contrôlait déjà mon attention et ma conscience, de façon plus profonde que je ne le fais moi-même. Il avait plus de prise sur moi que moi-même. On peut dire qu'il était plus en contact authentique avec ma nature que moi-même je ne le puis.
Qui est celui qui vous connaît mieux que vous même ?
En résumé :
Une cohérence de forme et de "façon de faire" entre Michel Bénard et Jean-Pierre Lafont.
Les cadres de haut niveau nous transmettent le style minimaliste et pénétrant de Maître Tamura.
Je retiens quelques formes techniques originales (pour moi) :
* kata dori men uchi : tori dévie au niveau du coude le bras qui attaque en shomen et le guide par dessus l'avant bras de uke dont la main a saisi l'épaule de tori. Ensuite il est possible d'engager san-kyo, shi-o-nage, etc. Difficile à faire en suivant ces simples instructions verbales ! Il faut l'avoir vu au moins une fois.
* ken / jo : shomen au ken ; tori ripose par tsuki, sternum ou gorge ; puis tori tire son jo vers l'arrière et en haut ; le jo est maintenant tenu à chaque extemité ; tori inverse la position de son jo et frappe (simule) uke à la tempe ; puis tori plonge sont jo à l'intérieur de la garde de uke en même temps qu'il fait son tenkan ; puis tori remonte la partie du jo qui se trouve dans la garde de uke pour renverser sa position de garde et lui faire tourner les hanches à 180°. Tori peut alors, en poussant sur son jo, faire rouler uke en diagonale.
* jo / jo : tori avance en diagonale et son jo fait la parade diagonale (une main en haut, une main en bas) ; tout en gardant contact avec le jo de uke, il scelle ce contacte avec sa main inférieure, puis ramène la partie haute du jo vers le main inférieur de uke ; les deux jo sont maintenant parallèles l'un et l'autre, et les mains de uke (surtout la gauche) est prise dans un étau. Tori fait irimi/tekan et se trouve en position ude kime nage, pour faire rouler uke.
(cette note sera complétée avant fin novembre)
Voilà, je retiendrai cela, qui résume tout : "Il faut accepter d'être faible pour pouvoir être libre."
C'est la dernière chose dite par Jean-Pierre Lafont lors du stage yudansha (école des cadres aïkido) à Montier-en-Der, ce vendredi 26 octobre 2007.
Peut-être ne se souviendra-t-il pas lui-même d'avoir dit cela en manière de conclusion spontanée.
Tant que nous serons dans l'opposition, dans une image classique du "martial", dans la peur, il n'y a aucun espoir de faire quelque chose qui soit de l'aïkido.
Accepter d'être faible, c'est accepter le heurt, et peut-être la mort.
Ne pas intervenir là où se pose le problème, mais, d'abord, acceptez le problème : acceptez la saisie, accueillir l'assaut ; ne pas le fuir ou le contrarier. Construire le canal pour guider cet assaut. Accompagner l'autre dans son désir. Tout cela, nous le savons en tant qu'ancien pratiquant. Ce n'est pas tant dans la technique que réside le problème, mais dans l'état d'esprit, l'état de conscience.
Tant qu'il y aura le moindre réflexe d'opposition, aucune chance que l'aïkido s'exprime.
Peut-être faudrait-il apprendre à recevoir des frappes. Apprendre à contrôler sa peur d'être touché.
Cela se fait dans nombre d'arts martiaux ; en karaté, par exemple. Mais pas en aïkido ; du moins n'est-ce pas un exercice répandu et pratiqué conventionnellement.
On peut regretter que la pratique de la méditation et de tout ce qui peut modifier l'état d'esprit et le niveau de conscience ne soit pas systématiquement pratiqué. Car c'est en cela que s'enracine la justesse et l'équilibre de l'aïkido. Ce n'est pas que dans le centrage physique ; c'est aussi dans le centrage psychique.
Jean-Pierre Lafont parle aussi de "couper avec le sabre intérieur". La position du sabre (présent ou virtuel) dans les mains n'est qu'une étape qui conduit à intégrer cette sensation d'unité par le sabre à tout le corps.
Serait-ce alors la colonne vertébrale qui serait ce sabre intérieur ?
Pas seulement. Ce doit être tout le soma (= le "corps/esprit", unis, non séparés ni distingués).
L'absence d'opposition est au fondement de l'aïkido. C'est pourquoi l'aïkido n'est pas un aïkijutsu ; il est l'étape qui suit l'aïkijutsu ; c'est un au-delà de la technique qui nécessite de maîtriser les techniques.
Utiliser au maximum l'énergie de l'autre, et très peu de la sienne propre. "Laissez faire, laisser passer", comme dit ce dicton (initialement du domaine économique).
Je conclue : plutôt que de se focaliser sur la technique et sur l'attaque de l'autre, se placer dans l'état d'esprit d'accueillir un mouvement qui vient vers nous en le laissant passer, près de nous pour ne pas perdre le contact d'accompagnement que nous devons avoir pour permettre à ce mouvement de s'exprimer, le guidant par des tangeantes.
N'employez qu'un minimum d'énergie musculaire, mais exploiter au maximum la gravité, l'attraction naturelle vers le centre de la Terre.
Descendre avec l'autre, être lourd, "gravide", pour entrainer l'autre dans cette pesanteur, vers le centre de la Terre.
Cela suppose un vaste travail sur soi-même, un travail de dissolution des peurs, d'élagage des l'inessentiel, de misogi...
AIKIDO - Calendrier 2007-2008 - Club de Saint-Dizier (52) et Ligue Champagne-Ardenne.
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Stages à Saint-Dizier
- 1er et 2 décembre 2007 : Stage fédéral avec Tamura Senseï
- 19 et 20 janvier 2008 : stage privé avec Jean-Pierre Pigeau
- 23 et 24 février 2008 : stage fédéral avec Michel Prouvèze
- 29 et 30 mars 2008 : stage fédéral avec Michel Benard
- 24 et 25 mai 2008 : stage régional avec Jean-Claude Joannes
- 4 - 5 et 6 juillet 2008 : stage ENA avec Jean-Pierre Lafont
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Salut J.-P., J'ai bien eu ton message sur mon téléphone mobile... J'ai extrêmement peu d'unités sur ce téléphone, que je n'utilise qu'en urgence ou alors pour m'organiser en vacances. Il est souvent éteint à vrai dire, mais j'en consulte les messages régulièrement. Content que ce que tu as lu sur mon blog puisse par endroit éveiller des souvenirs ou des accords. Je constate qu'au travers de ma pratique du piano, de l'aïkido, du taï-chi et du chi-kung, au fond, je travaille toujours la même chose, mon propre corps, et l'accord corps-esprit. Je comprends que les mouvements et les gestes de ce corps doivent venir de l'intérieur, d'une source créative intime, et ne pas être des mouvements ou des gestes plaqués de l'extérieur, par une culture ou une pratique, quelle qu'elle soit. Je ne dénie pas pour autant à toutes les pratiques une quelconque vertu ou validité, bien au contraire ! Mais je les resitue autrement, je leur donne une autre fonction : celle de révéler cette source créative à l'intérieur de notre corps (corps, soma, esprit, système nerveux, système cognitif, comme on voudra... Notre "être", quoi). C'est pourquoi, au fond, maintenant, je considère que je ne pratique pas d'abord l'aïkido, mais, plus justement, je pratique en premier lieu mon propre corps. Ma voie est celle de mon propre corps. Au fond, il n'y a qu'une seule voie que l'on puisse suivre : la sienne propre. Les pratiques servent d'instruments révélateurs. Y compris la marche à pied, que ce soit la promenande ou la randonnée (que tu connais). Tout cela est cohérent : pour que les diverses pratiques artistiques (martiales ou non) existent, il a bien fallu que quelqu'un, quelque part, un jour, les invente. Et à partir de quoi ? De l'observation des animaux, par exemple ; de l'écoute de leur chant ; de l'observation de la pousse des végétaux, etc. Mais aussi et peut-être surtout, à partir de lui-même, de son propre corps, de son propre esprit, de ses propres perceptions et sensations. C'est pour cela que maintenanir l'aïkido dans l'espace identitaire culturel japonais ne mène à rien, sinon à faire plaisir à l'égo national. Idem pour le taï-chi-chuan, le chi-kung, et n'importe quel autre art, de Chine, d'Asie ou d'ailleurs. Ce n'est pas ce qu'il y a de spécifiquement japonais dans l'aïkido qui retient mon attention, c'est ce qui parle à mon corps, et qui est évidemment transnational, puisque de nature fondamentalement biologique. Le "bios" est plus essentiel que le "logos" : la vie (ordre biologique) plus que la culture (ordre symbolique). Des pratiques culturelles comme l'aïkido doivent donner accès à la vie en évolution dans chacun de nos corps ; les dimensions culturelles de ces pratiques ne doivent pas faire obstacle à ce développement du soma, libre de toute identité culturelle, nationale ou autre. En clair, toutes ces pratiques appartiennenet de plain-pied au patrimoine de l'humanité. Et plus encore, elles appartiennent de plain-pied au patrimoine somatique, biologique, notre sous-bassement vital. Et je mise sur la prémisse suivante (on pourra dire si l'on veut que c'est une "croyance" personnelle) : le soma (= le corps-esprit) est naturellement créatif.... sinon, comment des être humains auraient-ils pu inventer, faire jaillir d'eux-même, toutes ces pratiques ? Même s'ils ont été inspirés par le réel environnant, c'est de leur facultés de projection imaginative, vécues dans tout leur corps (et pas seulement dans l'intellect, comme on le laisse croire aujourd'hui), qu'ils ont mis au monde les arts que nous pratiquons à présent. Or nous ne pouvons être des suiveurs. Nous ne pouvons nous contenter d'être de bon reproducteurs, des clones. Pour être soi-même, il faut se recréée. Et en plus, il faut le faire sans cesse ! L'aïkido, comme le reste, n'est qu'une rampe de lancement pour apprendre à voler par nous-même. C'est un système de développement personnel. Quelle est donc cette compétence fondamentale, essentielle, qui se trouve travaillée, nourrie développée au coeur même de toutes les pratiques ? Quel est le point commun nodal à la pratique d'un instrument de musique, aux arts martiaux, et à toutes les formes d'arts et de pratiques qui travaillent le soma (corps-esprit) ? C'est d'unifier l'énergie qui nous traverse afin que nous vivions au diapason. Une personne qui est au diapason apprendra avec beaucoup de facilité, de spontanéité, de "naturel", n'importe quel art ou n'importe quelle pratique. L'ennui c'est que cette civilisation privilégie le plateau intellectuel de la balance, au détriment du plateau somatique. (Autrement dit, on travaille surtout le "logos" dans le néo-cortex - et je sais de quoi je parle en tant que prof de Lettres -, et fort peu, voire pas du tout, le développement complet du soma, du corps-esprit créatif. Dans le sport ? Parfois. Dans la musique ? Parfois. Mais il n'y a pas de véritable projet de culture somatique pour faire naître et développer le noyaux créatif vivant en chacun... C'est une des raisons, à mon sens, pour lesquelles les pré-ados et ados se sentent limités, brimés par le monde des adultes, car ils sentent qu'on est en train, du haut de nos certitudes intellectuelles et de civilisation, de leur voler quelque chose d'essentiel : leur vie profonde ! Leur dimension énergétique et spirituelle ! Ô combien, hélas, ils ont raison ! A côté, ce que nous leur donnons en échange est plutôt sec...) Que pouvons-nous faire ? Changer le sens du courant de l'éducation dans cette société, par nos actions individuelles, locales, afin qu'à un moment donné une synergie se crée, et que nous basculions dans un autre temps. Le corps et l'imagination sont la source de toutes les innovations. L'Inde et l'Asie traditionnelles l'avaient compris depuis des millénaires. Et que suivent-ils à présent ? Notre modèle de civilisation à nous. Alors que nous tentons de récupérer les échos du développement personnel somatique et spirituel venant de leurs civilisations, eux, ils entrent dans l'ère du matérialisme. C'est sans doute une phase de fusion des civilisations. Nous verrons la suite, au niveau global. Mais au niveau local, nous pouvons l'anticiper, et déjà la faire vivre. Bien à toi Philippe Lire aussi la note du 04/06/2007 Le geste créateur, essence de l'aïkido
Tout à une fin. Voilà neuf ans que j'enseigne à Joinville, au collège, et également neuf ans que je donne ce que je peux en aïkido, au dojo de Joinville. Deux ceintures noire 1er dan sont issues de ces années de pratique. Je souhaite à tous les pratiquants de poursuivre leur développement personnel et d'explorer tout ce qu'ils trouveront bon d'explorer avec joie. Je viens de recevoir un livre que je recommande à ceux ayant déjà quelques années de pratique, quel que soit l'art du corps qui est le leur. Il s'agit de : La vague et le sabre, de Christine Sionnet, Editeur Le souffle d'or, collection Chrysalide, 1998, (sous titre : Action centrée, performance motrice : harmonie et puissance). Deux de ses chapitres portent un titre que je vous donne comme l'expression, résumée en une belle métaphore, très imagée, très sensible, de la sensation que vous devez chercher à développer dans votre corps, que ce soit en statique ou au cours du développement d'un mouvement d'aïkido dans l'espace. Et cette expression, la voici, idéale injonction pour le corps et l'esprit : "Jetez l'ancre... hissez les voiles !" Tout un programme ! Si vous parvenez à sentir cela tel que vous l'offre cette image, vous serez en contact avec le centre de la Terre (pesanteur + attraction terreste = stabilité) et entièrement libre du haut du corps, souple, vivant, mobile, gonflé par l'énergie, orientable dans les 10000 directions symboliques. Ce livre vous guidera dans cette recherche de sensations, de postures, de placements. Pour finir, quelques mots sur la séance d'hier. Merci aux trois pratiquants de Chaumont d'être venu pour cette "dernière". Merci à tous pour votre attention tout au long de l'année, tout au long de ces neuf ans. J'avais choisi de ne parler que de l'essentiel : le principe irimi. Irimi En aïkido, la prise du centre peut être très vigoureuse, mais elle ne doit pas violenter l'autre (partenaire, ou assaillant réel). Il est assez facile de violenter quelqu'un une fois que l'on sait comment entrer dans son centre. Il est plus délicat, subtile et humain de parvenir à lui prendre son centre sans le violenter. Il faut prendre son centre de gravité, le lui voler, comme un faucon "vole" (sens étymologique) la perdrix, en fondant sur elle en un angle précis, en la prenant en plein vol. Dans les formes classique de travail, l'irimi est un atémi mortel. En aïkido, la percussion mortelle se déploie en une technique qui évite le choc violent. Mais il faut déjà avoir commencé à prendre le centre pour pouvoir exécuter la technique, sinon, ça ne marche pas. C'est d'autant plus difficile, qu'à une millimètre près, ce n'est plus de l'aïkido. Autant dire que seule une de nos techniques sur 100 voire sur 1000 est vraiment de l'aïkido. Le reste ce sont des approximations, des recherches, des tentatives, des brouillons, des esquisses, des pages d'écriture... Ceux qui étaient présents ont pu se demander pourquoi nous avons fait ikkyo, nikkyo, sankyo et yonkyo, c'est-à-dire "les quatre premiers principes", alors que le thème unique de la séance était irimi. Sans doute ont-ils pu voir que nous les avons pratiqués sur la base d'un irimi direct, en coupant vers l'intérieur du partenaire, avec l'idée de prendre son centre tout en appliquant chacun de ces principes. Avec l'idée de prendre son centre grâce à ces principes. S'il n'y a pas trente-six manières d'ouvrir une porte (en général en actionnant la poignée dans le bon sens), il y a plusieurs centaines voire milliers de façons de prendre le centre du partenaire et "d'ouvrir la porte" qu'est son corps. Voici les principes fondamentaux de la prise du centre : Ultime étape de développement, l'irimi n'est plus utile. L'absolue bienveillance qui émane d'un être fait que PERSONNE ne songe à lui vouloir du mal, a fortiori à l'attaquer. C'est l'étape du sage, de l'homme accompli, après l'étape du maître "ès quelque chose". Il peut paraître surprenant qu'un "art martial" soit une voie de sagesse. Ce qui fait la différence avec d'autres activités physiques, c'est que le contexte est martial, donc lié à la "mort", et à toutes les petites morts que sont les remises en questions, physiques et psychiques. Le "moi" s'érode ; le "soi" se développe. C'est lent. Ne pas en faire une affaire d'Etat. Garder le sourire, même quand c'est dur. Et c'est dur. On a en soi cette ego qui pense que pour exister il lui faut se maintenir en l'état, tel quel, perpétuer sa forme. L'ego est comme une image consciente d'elle-même et qui a peur de sa dissolution. Or tout menace sa dissolution, son impermanence, son flottement aux bords ; l'image "ego" reçoit sans cesse des coups de canifs et se délave avec le temps. C'est insupportable que de se sentir menacer dans son identité, son existence, ses certitudes. Pourtant, l'ego n'est qu'une image ; une projection du mental sur lui-même ; une illusion intérieure. Bien sûr, l'ego existe ! Mais pas plus qu'un acteur sur un écran de cinéma. Pourtant, aucun acteur n'irait se confondre avec son image. Quoique... (Il paraît que vers la fin de sa vie, Bella Lugosi, le célèbre premier acteur qui a incarné le rôle de Dracula, dormait dans un cercueil et se prenait vraiment pour le Prince des Vampires...) L'irimi est ainsi un travail sur l'ego. Car, qui coupe ? Est-ce vous-même, ou bien votre image ? La prise direct du centre par l'irimi n'est efficace à 100% que si vous coupez avec votre vrai centre (physique-psychique). Elle n'est efficace que si c'est vous qui coupez, et bien vous, pas seulement une partie de vous-même (votre main par exemple). Elle n'est efficace que si c'est tout votre corps, en entier, uni, votre "présence", qui pénètre sans peur et sans faille à l'intérieur de la situation ; quitte à mourir. L'irimi se fait ainsi dans un esprit de sutemi : technique suicide. C'est bien japonais... ;-} Mais pas seulement japonais : nos chevaliers d'antan, au Moyen-Age, travaillaient cette bravoure et cette vaillance, ce sens de l'engagement, du don de soi dans l'assaut. Et pas par pure folie ou mysticisme religieux ; mais parce que c'est le seul moyen de rester vivant : s'engager totalement et en entier, c'est avoir l'avantage ; douter d'un fil, et c'est (peut-être) la mort. C'est un paradoxe : pour rester vivant, il faut oser mourir ; pour risquer de mourir, rien de tel que d'avancer dissocié comme un puzzle. En aïkido, nous pouvons travailler cela, PUISQUE NOUS NE RISQUONS RIEN ! C'est bien tout l'intérêt des arts martiaux (et sans doute plus particulièrement de l'aïkido, mais je n'affirme rien.) Mais vous pouvez tout aussi bien pratiquer l'équitation et développer des compétences et une intégration psycho-physique équivalente. Vous ne disposerez certes pas des mêmes techniques de défense... (mais vous pouvez pratiquer l'équitation... et l'aïkido, etc.) On devine, et j'en finis là, (c'est déjà assez long), qu'on peut pratiquer l'axe vertical et le centrage dans n'importe quelle activité et surtout dans n'importe quelle situation de la vie. On peut pratiquer le principe d'irimi dans la vie courante : en ouvrant une porte... En serrant la main à quelqu'un... En regardant dans les yeux quelqu'un que l'on veut séduire... (Aïkido et séduction, un bon livre à écrire et à vendre au rayon "développement personnel" à plus de 500 000 exemplaires...) On peut être une chevalier dans la vie. On peut. Et c'est pas de la tarte, avec nos épées en plastique. C'est une image. Je crains que, sur ce plan, on ne nous ait pas transmis grand chose. Qui a appris à marcher ? Qui a appris à se tenir droit sans raideur ? Qui a appris à serrer la main en regardant dans les yeux ? Ca s'apprenait, ça s'apprend encore... mais pourquoi ça s'est arrêté là? Pourquoi n'avons-nous pas appris à nous concentrer, à réunir nos énergies intérieures, notre PRESENCE ? (Autrefois, la prière était l'acte qui pouvait y conduire...) Pourquoi n'avons-nous pas été guidés, à la pré-adolescence et à l'adolescence, sur le chemin de la vérité intérieure, de la sincérité à soi-même ? pourquoi nous a-t-on laissés nous dépatouiller avec mille images, toutes projectives, d'un "nous-mêmes" diffracté ? Nous nous sommes développés comme des poulpes qui auraient sécrété de la carapace - irrégulièrement d'ailleurs - pour protéger leur molle anatomie. Quant au psychisme, il est kaléidoscopique. Des poulpes kaléidoscopiques... (!) L'aïkido nous propose d'arrêter le jeu de miroirs qui se renvoient la balle des pseudo-identités projectives. Il propose au poulpe flaccide de se donner un axe à partir duquel s'engager sans peur. Ceci dit, l'alpinisme, le parachutisme, le saut à l'élastique et la Formule 1, c'est pas mal non plus. Chacun sa voie. Philippe
Cela fait quelques années déjà que j'évoque la possibilité de pratiquer les formes de l'aïkido suivant une séquence lente et posée de type taï-chi-chuan.
Je m'y essaye parfois sur quelques techniques, en me laissant inspirer par la séquence symétrique de 12 mouvements que je pratique pour l'avoir apprise lors de stages avec Roland Habsetzer vers 1988, mais surtout sous la supervision de mon père.
Or je suis tombé par hasard aujourd'hui sur ce qui suit :
En 2003, Maître Sugawara a introduit le style tai-chi en aïkido en 42 formes.
Il s'agit donc d'un kata (séquence de formes fixes qui s'enchaînent).
Maître Sugawara a été inspiré par la musique d'une démonstration de tai-chi-chuan.
Il est passé de l'idée à l'acte : il s'est levé en pleine nuit, est allé dans son dojo et a inventé ce kata qui se présente comme une série de techniques d'aïkido. Il l'a finalisé en deux jours grâce aux informations et ajustements apportés par une professionnelle du tai-chi-chuan.
Ci-dessous, la vidéo d'une séquence possible d'aÏki taï-chi :
http://www.youtube.com/watch?v=yp0s6vxD1vQ
Philippe Herr
Compte-rendu du stage d’aïkido dirigé par Jean-Claude Joannès, Saint-Dizier, Haute-Marne (52100), samedi 26 et dimanche 27 mai 2007, dojo de La Noue.
Toujours délicat de produire un compte-rendu technique, sans photo ou film à l’appui .
Il servira donc plutôt d’aide-mémoire à ceux qui étaient présents au stage.
Ce compte-rendu ne peut être que subjectif et partiel et il n’engage que son auteur. Toutes les rectifications d’erreurs sont les bienvenues !
A mains nues Attaque
Attaque muna-dori avec la main droite.
Juste avant la saisie, tori entre un peu à l’intérieur et évite de sa main droite, sans la dévier, la main qui l’attaque.
Il remplace aussitôt ce guidage par sa main gauche, laquelle se glisse, pouce en bas, sur le poignet de uke, tandis que du tranchant de sa main droite il contrôle la nuque de uke.
Il remonte alors le bras (droit) de uke bras vers l’avant pour le projeter comme en kaiten nage.
(Puis faire le même travail de l’autre côté, bien sûr.)
(Jean-Claude n’a pas donné de nom à ce mouvement, c’est moi qui le qualifie de ce dont il se rapproche le plus : un kaiten nage. " Kaiten " veut dire "roue". Précisons qu’ici la notion de " uchi " ou de " soto " n’a pas lieu d’être, puisqu'on entre face à uké, de manière très irimi. On pourrait donc aussi dire que ce mouvement rentre dans la catégorie générique des irimi, sur la base technique d’un kaite nage.)
Tanto / mains nues
Ryote dori nikkyo
Tori tient son tanto.
Uke saisit à deux mains le poignet de uke.
Tori aspire un peu puis entre sur le poignet de uke avec le tranchant du tanto pour obtenir un nikkyo.
(Mouvement plus délicat qu’il n’y paraît. Vous allez constater que vous n’arrivez pas à entrer avec la lame, mais que vous voulez placer tout votre main/tranchant-de-main (te katana) sur le poignet de uke, voire par au-dessus. Cela reste possible. Toutefois, cherchez à ne placer que la lame et parvenez à faire nikkyo avec la lame. Pour cela, il faut qu’il y ait une continuité articulaire du geste y compris au niveau de votre poignée et de vos doigts. Gardez contact entre votre poignée et dos de main, avec le poignet de uke quand vous faites ce mouvement, ainsi uke sera suffisamment mobilisé/placé pour que vous puissiez parvenir à faire nikkyo avec votre lame de Tanto. On peut se demander toutefois " pourquoi faire absolument nikkyo avec la lame du tanto ? ". Eh bien vous posez la question à Jean-Claude Joannès la prochaine vois que vous le verrez ; je n’ai pas la réponse.)
Jo / mains nues
Entrée Ikkyo converti en koshi nagé (1ère forme)
Tori tient son jo en chudan no kamae.
Uke le saisit à deux mains.
Aspirer et monter comme pour un ikkyo.
Mais le ikkyo ne passe pas (c’est le cas de figure étudié, justement).
Entrer alors en koshi-nage en passant un bras autour de la taille de uke et en conservant le jo dans l'autre main.
Entrée Ikkyo converti en koshi nagé (2ème forme)
Tori tient son jo en chudan no kamae.
Uke le saisit à deux mains.
Aspirer et monter comme pour un ikkyo.
Mais le ikkyo ne passe pas (c’est le cas de figure étudié, justement).
Entrer alors en koshi-nage en attrapant la manche de uke sous son coude.
Observation : Jean-Claude ne tend pas le bras dont la main saisit la manche de uke. Au contraire, il casse son propre coude, ce dernier se trouvant alors au niveau du menton ou du cou de uke. En pliant ainsi le coude, il semble plus facile de se placer à l'intérieur de la situation et de se placer en position "koshi". Ne pas oublier de déséquilibrer uke vers notre hanche, pour une bascule/rotation autour de celle-ci (il est toujours possible de "porter" et de projeter, un peu comme au judo ; mais le sens du koshi-nage de l'aïkido est, autant que faire se peut, de faire basculer uke autour de notre hanche, puis de retirer cette hanche dès qu'il est passé de l'autre côté.)
Entrée Ikkyo converti en (shi-o-nage ? kaiten nage ?) avec fin en tsuki !
Tori tient son jo en chudan no kamae.
Uke le saisit à deux mains.
Aspirer et monter comme pour un ikkyo.
Mais le ikkyo ne passe pas (c’est le cas de figure étudié, justement).
Tori convertit alors son ikkyo en passant devant uke, entre uke et le jo.
Dans ce passage, il inverse le position de sa main haute (qui est sur le jo). Il tourne les hanche à 180°, et abaisse le jo en changeant la position de sa main arrière sur le jo. La partie arrière du jo passe vers l’avant (comme une sorte de shomen bas ! ou un kaiten plutôt). Uke se retrouve en bas (mais non encore au sol). Tori tient donc maintenant son jo comme dans une position normale de chudan no kamae, et il contrôle aussi la nuque de uke. Tori entre alors comme pour un chudan tsuki et uke roule en mae ukemi.
Shi-o-nage (1ère forme d’entrée)
Tori tient le jo. Uke le saisit à deux mains. Entrée en shi-o-nage.
Attention : pour que l’entrée puisse se faire efficacement, le placement est important. Tori doit donc garder le jo contre sa hanche, puis faire un quart de tour (par rapport à l’axe initial du jo) en poussant le jo avec sa hanche. Ensuite il pourra entrer en shi-o-nage classique (omote).
Shi-o-nage (2ème forme d’entrée)
Uke attaque (en chudan tsuki ou bien en shomen, au choix). Tori entre sur l’intérieur, pose ses deux mains, pouces en bas, sur le jo (une main entre les deux mains de uke, l’autre main tout contre la main avant de uke).
Tori fait un demi-pas glissé vers l’avant pour place son axe vertébral (verticalité-pivot) au centre de la situation. Puis rotation sur lui-même de 180°. Il rabat en même temps le jo de uke sur son propre côté (à lui, tori). Il peut alors entrer en shio-nage.
Au final, il peut inverser son jo (l’arrière passe à l’avant) pour ce faisant contrôler encore uke (niveau nuque).
Jo / ken
Shi-o-nage
Uke, armé du jo, attaque en jodan tsuki.
Tori, armé du ken, absorbe cette attaque en reculant jambe droite et en parant à gauche (c’est-à-dire qu’il se pose, pour le contrôler, contre le côté droit du jo qui l’attaque.)
Tori coupe en pesant pour repousser le jo vers le bas.
Uke laisse passer son jo derrière lui et réattaque en shomen.
Tori laisse passer son ken derrière lui par la gauche puis avance jambe droite diagonale (15°) pour pouvoir trancher uke. Bien qu’il entre en shomen, il laisse son ken se poser sur le cou, la poitrine et le poignet de uke. Il contrôle le jo à l’intérieur avec sa main gauche.
A partir de là, il s’engage par demi-pas glissé pour bien placer son axe vertébral au centre de la situation, il fait tai-no-henka (rotation de 180° sur lui-même), puis il s’engage, en poussant les armes vers le haut, pour faire shio-nage, comme on sait le faire !
Kokyu nage
Même échange que l’exercice précédent, ou presque, à cette différence que uke réattaque encore une fois en shomen. Tori doit ressortir sur la gauche, avec son pied gauche en avant, et fait shomen, en appliquant son ken comme expliqué. Puis de sa main gauche il saisit le jo à l’intérieur des mains de uke et le projette en mae ukemi en s’engageant en diagonal dans son centre.
Ken / ken
On peut faire le même travail que dans les exercices précédents (jo / ken), mais le ken ne sera pas saisi par tori entre les mains de uke de la même manière. On le prendra non pas à l’intérieur par devant, mais à l’intérieur des mains de uké en passant par dessus son poignet !
Bienheureux ceux qui comprennent avec ces explications, et plus encore s’ils n’étaient pas là !
Comte-rendu du stage d'aïkido / aïkiken
Stage du samedi 28 avril au 1er mai 2007, à La Claquette, près de Schirmeck, dans les Vosges.
Précaution : Ce compte-rendu est personnel et donc forcément subjectif. En aucun cas il n'est à considérer comme un miroir fidèle de ce qui a pu être dit et montré lors du stage. Les propos tenus n'engagent que leur auteur, en aucun cas les intervenants.
Le point le plus important
Je pense que le point le plus important à retenir et à travailler concerne la prise du centre de uke.
Le principe est le suivant : avant d'appliquer n'importe quelle technique d'aïkido, il est indispensable de capter le centre de uke pour créer un léger déséquilibre.
Donc :
1er moment : choisir la meilleure entrée, c'est-à-dire celle qui permet le plus facilement de prendre le centre de uke pour créer ce déséquilibre.
2ème moment : choisir la technique d'aïkido la plus appropriée, c'est-à-dire celle qui demande le moins d'effort pour conduire uke dans une situation où il sera inoffensif.
Malcolm Tikki Schewan précise que c'est une erreur de confondre ces deux moments. Il n'est martialement par cohérent de vouloir appliquer d'emblée une technique. On se jette sur l'autre pour appliquer une technique donnée... au lieu, d'abord, de se placer dans l'espace par rapport à lui pour capter son centre et créer le petit déséquilibre à partir duquel, seulement, pourront s'appliquer les techniques. Il faut se donner la possibilité de "choisir" la technique que l'on va appliquer ; pour cela, il faut créer un espace neutre où cette décision technique peut se réaliser. Cet espace neutre résulte de la parfaite réalisation du premier moment. Donc : point de salut sans ce premier moment !
Nous avons donc beaucoup travaillé les divers possibilités et manières pour prendre le centre et créer le déséquilibre de uke lors de ce premier "moment".
Un corollaire important (n°1)
Il convient de privilégier le bas de son corps par rapport au haut de son corps.
Le premier moment, indispensable, consiste en un déplacement du bas du corps, pour établir le bon ma-aï.
Les mouvements du haut du corps s'enracinent dans ce déplacement du bas du corps. La "base" - les jambes - se positionne dans l'espace, tandis que les mouvements des membres supérieurs consistent à orienter des "rails" pour conduire uke.
Les mouvements du haut du corps sont coordonnés par rapport aux mouvements du bas du corps. Le corps s'ouvre ou se ferme comme une porte. Il n'y a pas de dissociation entre le haut et le bas du corps. Par exemple : en même temps qu'on tourne les hanches, on lève les bras. Cette cohérence biomécanique est indispensable. Tout décalage biomécanique crée des failles où le partenaire-adversaire peut entrer... s'il maîtrise mieux l'art du centre.
Le plus important, pour sauver sa vie, consiste à savoir bouger et placer le bas de son corps. La conscience doit donc se placer dans les hanches et les centre ; c'est à partir de là que les jambes vont de mouvoir.
Un autre corollaire important (n°2)
La technique se construit sans rien perdre de ce qu'elle a déjà construit.
Le déséquilibre créé lors du premier moment ne doit jamais être perdu ! Il doit se poursuivre jusqu'à la fin du mouvement. Redonner son centre à uke, c'est perdre tout le bénéfice de ce qui a déjà été construit. C'est se remettre en danger. Il doit donc y avoir une continuité dans le mouvement ; une continuité sans rupture ; et une continuité qui ne donne pas à uke la possibilité ni l'envie de rompre le lien !
Tout mouvement brusque créant une réaction spontanée (réflexe), il convient de travailler suivant des mouvements continus, sans changement de vitesse. Etre toujours en mouvements empêche (le cerveau de) uke de savoir où vous êtes, donc de pouvoir réagir volontairement (action consciente), ou involontairement (réflexe).
Votre mouvement doit donc tromper son système de repérage spatio-temporel. Il s'agit donc moins d'agir sur le corps de uke que sur son cerveau. En agissant d'une certaine manière sur son corps, on agit sur son cerveau, afin que celui-ci ne puisse décider d'une quelconque action.
Compte-rendu d'exercices proposés par Dominique PIERRE.
Ces exercices, plus sportifs, étaient destinés à nous dynamiser, en sortant du cadre habituel des aïkitaïso. Résultat garanti, et on on s'amuse aussi.
Merci à Frédéric Bousquet de l'Aïkido Club de Reims pour ce compte-rendu.
- exercice à 3 : uke entre ses partenaires se tient droit, "raide" ; les deux partenaires le font osciller d'avant en arrière. L'idée est de reproduire ameno tori fune mais avec une contrainte supplémentaire (le poids d'uke). Essayer de constituer des groupes homogènes en stature/poids.
Les filles pourront croiser les bras devant leur poitrine ... (dommage !)
- par 2, abdos : un sur le dos jambes à la verticale ; l'autre se tient en kibadachi les mains de part et d'autre des jambes d'uke. Uke oscille à droite et à gauche, tori l'en empêche.
- par 2 : un à 4 pattes, bras tendus. L'autre s'assoit sur le premier à l'envers, les pieds sont placés en prise dans les cuisses de celui qui est à 4 pattes, travail des abdos.
- par 2 : travail des jambes ; un allongé sur le dos, jambes levées, l'autre vient se laisser "tomber" (peser) dessus, celui qui est au sol amortit et repousse avec les cuisses.
- en groupe : plusieurs partenaires accroupis au sol, sauter au-dessus pieds joints, au bout de la ligne de partenaires on s'accroupit, etc ...
- en groupe : en alternance un partenaire en position pour saute-mouton + un autre debout jambes écartées pont à passer par dessous ; au bout de la ligne de partenaires on prend la position correspondant à l'alternance.
- par 2 : la grenouille. uke accroupi tient les mains de tori debout, uke se déplace en sautant, un saut, deux sauts, au troisième tori l'aide à se propulser le plus haut possible.
- en groupe : plusieurs partenaires allongés sur le dos tête-bêche, faire circuler à bout de bras un partenaire sur le dos(femme) sur le ventre (homme) ou l'inverse selon les goûts ... exercie marrant à faire lorsque les gens sont suffisament nombreux. Gérer le bordel à la fin, les gens se sont bien amusés il faut les récupérer pour assurer la suite du cours !